Il y a 90 millions d’années de cela, l’Antarctique était … une forêt

La présence d’une forêt en Antarctique dont la luxuriance est identique à celle des forêts tempérées qu’on connaît de nos jours, c’est une possibilité à laquelle on ne pensera pas en premier lieu connaissant les conditions bioclimatiques qui y règnent actuellement. Et pourtant, une forêt de ce type aurait bien existé il y a 90 millions d’années.

En tout cas, ce sont les conclusions d’une recherche menée par une équipe internationale de géologues issus de l’Institut Alfred Wegener, de l’Imperial College et du Centre Helmholtz pour la recherche marine et polaire. Conclusions qui viennent d’être publiées dans la prestigieuse revue Nature.

Crédits Pixabay

Ces chercheurs ont en effet mis la main sur des sols forestiers datant du Crétacé, à 900 km du pôle sud. Ils en concluent qu’il y a 90 millions d’années, l’Antarctique était recouvert d’une végétation dense, et que la concentration de CO2 de l’atmosphère était alors beaucoup plus élevé que ce qu’on avait toujours supposé pour cette période.

Une végétation comparable à celle qu’on trouve actuellement en Nouvelle-Zélande

Afin d’arriver à ces conclusions, cette équipe de géo-scientifiques a analysé des racines, des pollens et des spores de végétaux très bien préservés dans les échantillons de sol qu’ils ont découverts. Selon Tina Van de Fliedt, coauteur de ces travaux de recherche : « La préservation de cette forêt vieille de 90 millions d’années est exceptionnelle, mais encore plus surprenante est le monde qu’elle révèle ».

Et c’est cas de le dire, car, comme on le sait, cette partie du globe est exposée à quatre mois d’obscurité chaque année.Van de Fliedt ajoute d’ailleurs à ce sujet que « même pendant les mois d’obscurité, les forêts pluviales tempérées marécageuses ont pu pousser près du pôle Sud, révélant un climat encore plus chaud que prévu ».

Les scientifiques pensent alors qu’une forêt de type pluviale tempérée recouvrait l’Antarctique en ces temps. Un type de végétation qui a pu s’implanter là en raison des conditions climatiques très différentes de celles qui y règnent aujourd’hui.

Une température moyenne d’environ 12°C et pas de calotte glaciaire

Pour permettre l’existence d’une telle formation végétale en Antarctique au Crétacé, ces scientifiques suggèrent que les conditions climatiques y étaient pour quelque chose.

En effet le taux de CO de l’atmosphère devait atteindre des niveaux de 1120 à 1680 ppm pour permettre d’avoir des températures moyennes d’environ 12°C et des températures estivales pouvant atteindre 19°C. Ce qui veut également dire que la calotte glaciaire n’a pas encore pu se former.

En outre, ils pensent que les précipitations de la région devaient être comparables à celles du pays de Galles de nos jours. Ce qui a permis à cette végétation, comprenant les premiers restes de plantes à fleurs jamais découverts sous ces latitudes, de se développer et de prospérer.

Crédits Alfred Wegener Institut / James McKay