Il y a de drôles de rides dans nos coeurs

Il y a 500 ans de cela, Léonard de Vinci a été le premier à esquisser la structure de la surface interne de notre cœur. Grâce à lui, on a découvert qu’elle est entièrement tapissée de fibres musculaires qui ressemblent à des toiles et qui sont appelées trabécules. À l’époque, Léonard de Vinci a tenté de découvrir les raisons d’être de ces fibres musculaires.

Toutefois, en raison du manque de moyens, il n’a pas pu approfondir leurs fonctions. Des siècles après le premier dessin réalisé par Léonard de Vinci, des scientifiques se sont intéressés à ces trabécules et ont réussi à en savoir plus sur ces étranges fibres musculaires.

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Cette étude a été menée par une équipe internationale de chercheurs venant de l’Institut européen de bioinformatique de l’EMBL, de l’Université d’Heidelberg, du Cold Spring Laboratory, du Politecnico di Milano et du MRC London Institute of Medical Sciences.

Des fibres qui facilitent la circulation du sang

Cette équipe a fait appel à l’intelligence artificielle pour passer en revue 25 000 IRM du cœur obtenues grâce à l’étude britannique Biobank. Après l’analyse de ces IRM, ils ont étudié plusieurs données génétiques et les morphologies cardiaques.

À l’issue de cette étude laborieuse, les chercheurs ont conclu que les trabécules qui tapissent la surface interne de notre cœur facilitent la circulation du sang dans cet organe. Ewan Birney, directeur général adjoint de l’EMBL, a déclaré que ces résultats « répondent à des questions très anciennes en biologie humaine fondamentale. » D’après lui, l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ce genre d’étude permet d’atteindre une « compréhension de la physiologie à une échelle sans précédent. »

Une étude qui permettra de prévenir l’insuffisance cardiaque

En plus d’avoir « considérablement amélioré notre compréhension de l’importance des trabécules myocardiques », cette étude devrait permettre à terme de limiter les risques d’insuffisance cardiaque. En effet, d’après les chercheurs, la forme des trabécules pourrait être à l’origine de cette pathologie cardiaque.

Selon Declan O’Regan, ce travail est d’une importance capitale, car il « offre une nouvelle direction passionnante pour la recherche sur l’insuffisance cardiaque, qui affecte la vie de près d’un million de personnes au Royaume-Uni. » Qui plus est, d’après la chercheuse principale Hanna Meyer, au Cold Spring Harbor Laboratory, cette étude démontre « la valeur d’une équipe de chercheurs véritablement multidisciplinaire. »

Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue Nature.

Mots-clés biologie