Il y a des volcans actifs sur Vénus

Vénus abrite au moins 37 régions volcaniques actives selon de nouvelles analyses effectuées par un groupe de scientifiques. La planète serait donc un peu plus active que prévu.

Si tous les regards sont désormais braqués sur Mars, la planète rouge n’est pas la seule à susciter l’intérêt de la communauté scientifique. Vénus a aussi fait l’objet de nombreuses études ces dernières années et la dernière en date a été menée par Anna Gülcher, une géophysicienne travaillant pour l’ETH Zürich en Suisse.

Une photo de Vénus, une planète très mystérieuse

Crédits Pixabay – image recadrée

Extrêmement ambitieuse, cette dernière avait pour but de modéliser les coronae de la planète, soit les immenses structures identifiées au début des années 80 par les sondes soviétiques Venera 15 et Venera 16.

Vénus, une planète plus complexe que prévu

En passant dans les parages de Vénus, ces dernières ont en effet repéré des structures géologiques uniques se présentant sous la forme de vastes couronnes tectoniques agrémentées d’anneaux de crêtes et de linéaments concentriques atteignant dans certains cas les 1000 km de diamètre.

Les coronae de Vénus ont fait l’objet de nombreuses études, mais nous sommes encore loin d’avoir percé tous leurs secrets. Et parmi les grandes questions restant en suspens se trouve bien entendu celle de leur origine et de leur nature géologique.

À l’heure actuelle, nous ignorons en effet tout des processus qui ont mené à la formation de ces structures. Les théories, en revanche, ne manquent pas, et une bonne partie de la communauté scientifique pense ainsi qu’elles sont nées de la remontée de panaches mantelliques. Ce qui constituerait une activité tectonique.

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L’origine des coronae, le mystère reste entier

Le mystère perdure, donc, et c’est précisément ce qui a poussé Anna Gülcher et son équipe a entreprendre ce travail de modélisation.

Le résultat de leurs travaux a été publié dans une étude disponible depuis lundi sur Nature Geoscience.

Gülcher et ses collègues ont donc réalisé des modèles numériques en trois dimensions afin de simuler une interaction entre les fameux panaches évoqués un peu plus haut et la lithosphère de Vénus. Soit la couche externe de la croûte de la planète.

L’idée n’était en effet pas de chercher à prouver la théorie des remontées de panaches, mais plutôt de déterminer si certaines régions de la planète pouvaient potentiellement être encore actives.

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Une planète plus active que prévu

Or justement, après avoir fait correspondre les données de la simulation avec les informations topographiques de la planète, les chercheurs ont identifié des coronae potentiellement actives. En tout, elle serait au nombre de trente-sept et la liste comprendrait même la grande couronne d’Artemis. Et donc la plus grande de ces formations. Cette coronae s’étire en effet sur un peu plus de 2 600 km de diamètre.

Mais il y a mieux. Si les travaux de Gülcher et de son équipe ont permis d’identifier des points chauds, ils ont aussi révélé que toutes les coronae de Vénus n’étaient pas forcément sur un même pied d’égalité. En réalité, certaines zones inactives pourraient très bien se réveiller à l’avenir.

La prudence est bien évidemment de mise, en matière de sciences rien n’est jamais acquis, mais cette étude laisse présager une activité volcanique complexe sur Vénus.

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De l’importance de recueillir de nouvelles données

En revanche, les scientifiques estiment que le seul moyen de confirmer cette hypothèse est d’envoyer de nouvelles sondes sur place afin d’obtenir des cartes plus détaillées.

Ce qui semble assez compromis à l’heure actuelle. De nombreuses missions sont en effet en cours et la priorité de toutes les agences spatiales semble être la planète Mars et, dans une moindre mesure, la Lune. Et si l’on ajoute à cela les mission prévues en direction d’Encélade ou encore d’Europe, on se dit que nous ne sommes sans doute pas près d’envoyer de nouvelles sondes en direction de Vénus.

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