Il y a environ 230 millions d’années, la baisse du niveau de CO2 dans l’atmosphère aurait permis aux dinosaures de migrer de l’Amérique du Sud au Groenland

Selon les résultats d’une nouvelle étude effectuée par Dennis Kent, chercheur à l’Université Columbia, et Lars Clemmensen de l’Université de Copenhague, les dinosaures herbivores se sont manifestés au Groenland, il y a 214 millions d’années.

Néanmoins, les archives fossiles retrouvées au Brésil et en Argentine datent d’il y a 230 millions d’années. Ce qui suggère que ces créatures auraient dons mis près de 15 millions d’années avant de migrer vers la partie nord du globe.

Photo de Dariusz Sankowski. Crédits Pixabay

Et pour cause, une sorte de barrière climatique pourrait bien être à l’origine de cette inégale répartition des dinosaures dans le monde, d’après les conclusions de ces chercheurs. Un énorme changement de la concentration en CO2 atmosphérique à l’époque aurait ensuite permis à ces animaux de partir à la conquête de l’hémisphère nord.

Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

Une énorme baisse du CO2  atmosphérique, chutant de 4000 à 2000 ppm

Pour vous éclaire, à cette époque, les différents continents du globe que nous connaissons actuellement étaient encore réunis en un seul énorme bloc, le supercontinent Pangée. Le niveau de gaz carbonique dans l’atmosphère était alors estimé à près de 4 000 ppm, soit 10 fois plus que le taux de CO2 atmosphérique actuel (estimé à environ 414 ppm en moyenne en 2020).

Il y a 215 à 212 millions d’années donc, cette concentration de CO2 aurait brusquement chuté, diminuant de moitié, passant de 4000 à 2000 ppm. Les chercheurs poursuivent encore leur recherche afin de comprendre les raisons de cette baisse inopinée.

Néanmoins, ils suggèrent que ce changement a fortement modifié les conditions climatiques de l’époque. « Avec un CO2 plus élevé, le sec devient plus sec et le mouillé devient plus humide », explique Kent.

Mais comme le taux de CO2 a subitement baissé pour une raison que l’on ignore, le climat des régions tropicales serait devenu plus doux et celui des zones arides moins sec, permettant à la végétation de se développer. Et parallèlement, les animaux herbivores pouvaient aisément se nourrir et se déplacer vers d’autres zones auparavant pas forcément très accueillantes.

« Une fois arrivée au Groenland, on dirait qu’ils s’y étaient installés »

En estimant que le troupeau de dinosaures parcourait 1 mile (1,6 km) par jour, le voyage de l’Amérique du Sud au Groenland aurait donc pu durer environ 20 ans. Ce qui concorde à quelques millions d’années près, aux traces des premiers dinosaures retrouvés au Groenland.

Ceci dit, pour le moment, peu de preuves fossiles ont été retrouvées sur le tracé du probable chemin emprunté. Néanmoins, les chercheurs pensent que les dinosaures herbivores, en migrant, auraient longé les rivières et les chaines de lacs. Et une fois arrivés au Groenland, on dirait « qu’ils s’y étaient installés », selon Kent.

Cette théorie selon laquelle la baisse du taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère aurait entrainé la migration des dinosaures vers le Groenland peut évidemment n’être qu’une simple coïncidence. Mais pour ces chercheurs, ces deux événements sont probablement liés, car ils ont provoqué presque au même moment des changements significatifs dans l’histoire.