Il y a un peu de supernovas dans nos arbres

Les supernovas naissent lorsque certaines étoiles arrivent à la fin de leur vie et se mettent à exploser de façon très violente. Cette violence est telle qu’en l’espace de quelques mois, une seule explosion peut libérer une quantité d’énergie équivalente à celle générée par le Soleil pendant toute la durée de sa vie.  

Le problème vient du fait que de telles explosions sont bien capables de décimer la civilisation humaine si elles ont lieu à proximité. Et même si une étoile explose loin de la Terre, il y aura toujours un impact sur notre planète, comme l’explique Brakenridge, associé de recherche principal à l’INSTAAR ou Institute of Arctic and Alpine Research de l’Université de Colorado Boulder. En effet, une supernova pourrait asperger notre planète de radiations dangereuses et même détruire la couche d’ozone.

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Au cours de travaux récemment publiés dans la revue International Journal of Astrobiology, Brakenridge a étudié les impacts possibles de ces explosions sur la Terre. Il a analysé les anneaux de croissance des arbres afin d’y découvrir les empreintes laissées par ces événements cosmiques et a pu conclure que des supernovas auraient pu causer au moins 4 perturbations du climat terrestre au cours des derniers 40 000 ans.

Détecter les pics de radiocarbone

Pour trouver des signes du passage de rayonnements cosmiques sur la Terre, il faut chercher les pics de radiocarbone, encore appelé carbone-14. Il s’agit d’un isotope du carbone qui existe en très petite quantité sur notre planète et qui est créé lorsque des rayonnements cosmiques bombardent l’atmosphère de façon presque constante.

Selon Brakenridge, les arbres recueillent le dioxyde de carbone et une partie du carbone est en fait du radiocarbone. Il peut toutefois arriver que la quantité de radiocarbone absorbée par les arbres ne soit pas stable puisque les scientifiques observent parfois des pics de concentration de cet isotope au niveau des anneaux de croissance. De nombreux chercheurs ont avancé l’hypothèse que ces pics qui durent plusieurs années pourraient avoir été causés par des éruptions solaires ou par l’éjection de grandes quantités d’énergie provenant de la surface du Soleil.

Du point de vue d’autres scientifiques incluant Brakenridge, la cause pourrait provenir de plus loin que le Soleil. Le chercheur a ainsi déclaré qu’il faudrait revoir la possibilité qu’il s’agisse de l’effet d’une supernova.

Faire correspondre les pics avec les explosions cosmiques

D’après Brakenridge, des scientifiques ont déjà détecté des explosions de supernovas dans d’autres galaxies, et ces explosions ont produit une grande quantité de rayonnements gamma. Il s’agit du même type de radiation pouvant mener à la formation de radiocarbone sur Terre.

Brakenridge a ainsi procédé à des analyses pour voir s’il y a un lien entre les supernovas et les pics au niveau des anneaux de croissance. Il a établi une liste des explosions qui se sont produites dans les environs de la Terre au cours des derniers 40 000 ans. Le chercheur a ensuite comparé l’âge estimé des supernovas avec les enregistrements d’anneaux de croissance des arbres.

Ce qu’il a découvert, c’est que les huit supernovas étudiées les plus proches semblent être associées avec les pics inexpliqués de radiocarbone qu’on retrouve sur Terre. Il pense surtout que 4 parmi ces 8 supernovas sont très prometteuses quant à prouver le lien entre les deux phénomènes. Il y a par exemple le cas d’une ancienne étoile dans la constellation de Vela qui se trouvait à 815 années-lumière de la Terre et qui a explosé il y a de cela 13 000 ans. Peu de temps après cet événement, les niveaux de radiocarbone sur Terre ont augmenté de presque 3 %.

Pour le moment, ces résultats ne sont pas encore définitifs puisqu’il est très difficile d’estimer le moment exact de l’explosion d’une étoile. En tout cas, il s’agit d’une étape importante dans le domaine.