Il y a un problème en Arctique

Une nouvelle étude menée par des chimistes de l’Université de Lancaster, au Royaume-Uni, a révélé que l’accélération de la fonte des glaces de l’Arctique entraîne l’augmentation des fuites de PFAS dans l’environnement. Les PFAS sont les substances polyfluoroalkyles et perfluoroalkyles, appelées également « produits chimiques éternels » à cause du fait qu’elles ne peuvent pas se dégrader naturellement dans l’environnement.

Les PFAS ne proviennent pas de l’Arctique mais sont issues des différents processus industriels et des objets fabriqués par les humains. Quand elles sont libérées dans l’atmosphère, une grande partie est piégée dans la banquise arctique. Selon la nouvelle étude, il y aurait un lien entre la concentration de PFAS dans la glace de mer et la salinité de l’eau. En d’autres termes, plus l’eau de mer est salée, plus la concentration des produits chimiques éternels est élevée.  

Une photo de l'Arctique
Crédits Pixabay

Avec le réchauffement climatique qui est devenu de plus en plus grave ces dernières années, les cycles de fonte et de gel conduisent à la formation de poches d’eau océanique très salée, ce qui entraîne la concentration des PFAS dans de petits bassins. Ces produits chimiques sont éventuellement libérés dans la circulation générale, affectant surtout le biote qui se trouve à la base de la chaîne alimentaire marine.  

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Comment les PFAS sont-elles libérées ?

La libération des PFAS dans la chaîne alimentaire constitue un problème préoccupant, étant donné qu’elles sont connues pour être particulièrement toxiques, que ce soit pour les humains ou pour les animaux. Des études antérieures ont révélé qu’elles pouvaient causer des lésions hépatiques ou conduire à des problèmes de croissance fœtale.

D’après d’autres études, les concentrations de PFAS dans l’eau de mer de surface près de la banquise arctique en train de fondre seraient deux fois plus élevées que ce qui a été relevé dans la Mer du Nord.

Une autre étude publiée récemment a démontré que les PFAS arrivaient avec les chutes de neige sur la glace.

Au cours de leurs travaux, les chercheurs ont utilisé une chambre de glace de mer artificielle afin d’étudier le processus de libération de ces produits chimiques. Les expériences contrôlées consistaient à mesurer le mouvement des produits chimiques entre l’eau et la glace durant les changements de phase.

Les chercheurs ont constaté qu’un pourcentage élevé des sels dissouts dans la glace était transporté par l’eau lorsque la glace fond. Selon les scientifiques, l’eau transportait une grande quantité de variétés à chaîne courte de PFAS. Les chaînes de PFAS sont par contre devenues plus longues plus tard, lorsque l’eau de fonte était plus fraîche.

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Un danger pour de nombreux organismes vivants

D’après les chercheurs, les concentrations accrues de contaminants pourraient provenir de la libération de cette saumure au cours des longues périodes de dégel. En effet, le liquide se mélange régulièrement à l’eau de fonte des neiges.

Actuellement, l’océan Arctique est surtout dominé par de la glace vieille d’un an plutôt que par la glace ancienne formée au fil des années. Le problème est que cette glace d’un an contient une quantité importante de saumure mobile qui peut se mélanger avec la neige et concentrer encore plus de PFAS.

Pour les organismes en contact direct avec la glace, situés au bas de la chaîne alimentaire de l’Arctique, il s’agit d’un problème inquiétant car en s’alimentant à partir des canaux de saumure des banquises, ils seront davantage exposés à ces produits chimiques.

Les scientifiques pensent qu’il faudrait effectuer plus d’expériences contrôlées et d’études d’observations sur le terrain afin de mieux comprendre ces processus, en particulier en ce qui concerne l’exposition des organismes à la base du réseau alimentaire marin à ces produits chimiques.

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