Ils ont assisté à la naissance d’un trou noir

Les trous noirs ne sont pas faciles à observer. La nature de ces singularités gravitationnelles empêche en effet toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper. Ne pouvant émettre ni réfléchir la lumière, ils sont donc totalement invisibles. Toutefois, une chercheuse travaillant pour l’Université de l’Ohio a pu assister à la naissance d’une de ces singularités, à la surprise générale.

Jill Gerke, c’est le nom de cette chercheuse, travaille depuis plusieurs années pour l’Université de l’Ohio. Elle se passionne pour l’astronomie, bien sûr, mais aussi et surtout pour les étoiles variables et massives.

Naissance Trou Noir

Des scientifiques ont pu observer la naissance d’un trou noir grâce à la poussière projetée par la supernova qui lui a donné vie.

Elle a publié plusieurs articles scientifiques tout au long de sa carrière, mais c’est surtout pour sa dernière étude qu’elle fait parler d’elle.

Les trous noirs ne sont pas faciles à observer

Jill et ses collègues étudient depuis plusieurs années les supernovas avortées. Si vous n’êtes pas familier de la chose, il est nécessaire de commencer par rappeler que toutes les supernovas découvertes durant ces dernières années sont apparues suite à des explosions d’étoiles dont la masse était soit inférieure à vingt fois soit supérieure à quarante fois celle de notre étoile.

Après avoir fait de multiples observations, les astrophysiciens ont fini par conclure que les étoiles n’entrant pas dans cette catégorie étaient celles qui donnaient naissance aux trous noirs ordinaires.

Ce n’était cependant qu’une théorie jusqu’à présent.

Tout a changé le 20 octobre 2009 lorsqu’une géante rouge de la galaxie NGC 6946 a brusquement disparu. En étudiant les photos prises par Hubble durant l’événement, les chercheurs ont remarqué la présence de plusieurs traces visibles uniquement dans la partie infrarouge du spectre lumineux. Des traces qui ont été observées pour la dernière fois en octobre dernier.

Une histoire de poussières

Mais d’où viennent-elles ? Les astrophysiciens responsables de la découverte se sont posé cette question eux aussi et ils ont donc mené une longue enquête afin de déterminer les origines de ces traces.

Ils ont fini par conclure qu’elles avaient été provoquées par la poussière projetée par l’étoile peu de temps avant sa disparition, une poussière dont le trou noir qui l’a remplacé est en train de se nourrir.

Jill Gerke et ses collègues ont évidemment été très surpris par cette découverte et ce ne sont visiblement pas les seuls puisque la nouvelle a été très vite reprise par la communauté scientifique.