Ils ont passé 40 jours dans une grotte

Dans le cadre d’une étude dénommée « Deep Time » axée sur les capacités d’adaptation de l’homme à la perte de repères spatio-temporels, 15 personnes composées de sept femmes et de huit hommes ont passé 40 jours dans la grotte de Lombrives en Ariège, dans le Sud-ouest de la France. Les participants étaient âgés de 27 à 50 ans et s’étaient tous portés volontaires pour l’expérience.  

Tout au long du séjour dans la grotte, les membres de l’expédition ne pouvaient utiliser ni montre ni téléphone et se trouvaient totalement isolés de la lumière naturelle. Menés par Christian Clot, un explorateur franco-suisse, ils devaient s’habituer à un environnement particulier où la température environnait les 12 ° C et l’humidité était à 95 %. Pour avoir de l’eau, ils devaient en puiser à 45 mètres de profondeur. Quant à l’électricité, un système de pédalo leur permettait d’en produire suffisamment pour les besoins quotidiens. 

Crédits Pixabay

Les participants sont sortis de la grotte le samedi 24 avril dernier vers 10H30 (8H30 GMT). Même s’ils avaient le visage un peu pâle, probablement à cause du manque de soleil, ils se portaient tous apparemment bien et ont pu rejoindre leurs proches.   

Les objectifs de l’expérience

D’après les explications de Clot qui est également le fondateur du Human Adaptation Institute, cette étude  avait comme objectif de déterminer nos capacités d’adaptation à la perte de repères spatio-temporels. Selon l’explorateur, il s’agit d’un sujet intéressant du fait qu’il est souvent soulevé depuis le début de la crise sanitaire liée à la Covid-19.

L’étude consistait ainsi à recueillir des données sur le cerveau des participants et leurs capacités cognitives avant leur entrée dans la grotte ainsi qu’à leur sortie. Ces données seront ensuite comparées entre elles pour déterminer si cet environnement particulier a produit des changements au niveau de leur système nerveux.  

Des failles signalées par d’autres chercheurs

Même si plusieurs chercheurs tels qu’Etienne Koechlin, directeur du laboratoire de neurosciences cognitives au sein de l’Ecole Normale Supérieure (ENS), ont participé aux recherches de Deep Time, certains scientifiques sont plutôt sceptiques quant à la rigueur de l’étude.

D’après Pierre-Marie Lledo, directeur du laboratoire « Gènes, Synapses et Cognition » au CNRS ou Centre National de la Recherche Scientifique, et de l’unité « Perception et Mémoire » à l’institut Pasteur, un « groupe contrôle » aurait dû être mis en place pour que l’on puisse faire une comparaison entre les résultats des personnes enfermées et ceux de personnes restées à l’extérieur. Il considère ainsi que les résultats issus de cette étude ne pourraient être validés scientifiquement.

Quoi qu’il en soit, on peut dire que Deep Time était une expérience unique pour les participants, leur ayant permis de vivre une aventure hors du commun loin du stress et surtout des divers problèmes liés à la pandémie de Covid-19.