Ils ont réussi à cultiver des spermatozoïdes humains à partir de cellules de peau

L’infertilité touche des milliers de personnes chaque année. Environ 15 % des couples seraient même dans l’incapacité d’avoir des enfants sans avoir recours aux ovules ou au sperme de donneurs. Toutefois, plusieurs scientifiques travaillent sur des méthodes alternatives et les chercheurs de l’Institut d’Infertilité de Valence viennent de faire une avancée significative en parvenant à cultiver des spermatozoïdes en laboratoire.

L’infertilité est plus répandue qu’on le pense. Des études menées aux Etats-Unis dans les années 2000 ont ainsi démontré que 13 % de femmes étaient souffraient de difficultés à concevoir.

Spermatozoides

Il sera sans doute bientôt possible de créer des spermatozoïdes de toute pièce.

L’homme n’est pas en reste non plus et il arrive ainsi souvent qu’il ne soit pas en mesure de produire des spermatozoïdes en quantité suffisante pour féconder l’ovule de sa partenaire.

L’infertilité touche de nombreux couples

Les causes sont nombreuses, bien sûr, et ces difficultés peuvent être causées par des malformations testiculaires, des dilatations variqueuses des veines du cordon spermatique ou même par des anomalies génétiques telles que le syndrome de Klinefelter.

Et ça, bien sûr, c’est sans compter sur d’éventuelles expositions à des toxines.

Il existe plusieurs méthodes pour résoudre ces problèmes mais Carlos Simon a fait le choix de monter une équipe afin de travailler sur une nouvelle technologie résolument avant-gardiste.

En s’appuyant sur une technique de re-programmation cellulaire imaginée par Shinya Yamanaka et John Gurdon, les deux lauréats du prix Nobel de Médecine de 2012, les chercheurs de l’Institut pour l’Infertilité de Valence ont en effet réussi à cultiver des spermatozoïdes en laboratoire.

Pour mener à bien leur projet, ils ont commencé par prélever des cellules de peau sur des donneurs sains avant de leur injecter un cocktail constitué de plusieurs gènes utilisés par les gamètes. Après avoir lancé la culture de ces cellules, ils sont parvenus à créer des cellules germinales.

Ils ont réussi à créer des cellules germinales à partir des cellules de la peau

Ces cellules sont assez particulières car elles sont capables de former des gamètes et donc des spermatozoïdes ou des ovules. Elles sont généralement obtenues à partir d’une cellule-oeuf et elles sont capables de transmettre à leur descendance toutes les mutations génétiques subies.

Cet exploit n’est pas passé inaperçu dans la communauté scientifique mais il faudra attendre encore quelques années avant de pouvoir utiliser ces cellules dans un processus de fécondations. Elles sont en effet incapables de féconder. Pas pour le moment du moins.

Carlos Simon n’a cependant pas l’intention d’en rester là et il s’est rapproché de plusieurs scientifiques anglais afin de poursuivre les recherches. La Grande-Bretagne est en effet un des rares pays où les chercheurs ont le droit de créer des embryons artificiels.