Si cette image vous met mal à l’aise, alors vous souffrez de Trypophobie

L’image illustrant cet article vous met mal à l’aise ? Elle vous donne envie de détourner les yeux ou de quitter cette page ? Félicitations, vous souffrez de trypophobie. Et vous ne pouvez absolument rien y faire.

Techniquement, la trypophobie est un trouble considéré comme étant proche de la phobie et qui repose principalement sur un sentiment de malaise à la vue d’un groupe de… trous. Comme une tête de lotus, par exemple, une plaque de chocolat soufflé ou même des nids d’abeille.

Une fleur de lotus, qui fait partie des choses qui peuvent provoquer des réactions trypophobes
Image par Couleur de Pixabay 

En règle générale, les personnes souffrant de trypophobie vont développer des symptômes assez légers.

La trypophobie, la peur des trous ?

Ils vont en effet ressentir de l’anxiété, du stress, un sentiment de malaise et dans les cas les plus graves de la nausée ou encore des démangeaisons.

Toutefois, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, la trypophobie n’est pas réellement considérée comme une phobie. Pas au sens purement médical du terme. Ce qui est plutôt ironique compte tenu de son nom.

Et si elle n’est pas considérée comme une phobie, c’est principalement parce qu’il s’agit avant tout d’un mécanisme de défense.

En effet, pour beaucoup de chercheurs, cette sur-réaction est provoquée par une peur de l’infection ou de la présence de parasites. L’idée étant bien entendu de faire en sorte que l’individu ne se mette pas en situation de danger et ne prenne pas le risque d’être infecté par un parasite.

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Une étude qui montre que la trypophobie n’est pas liée à ce que l’on croit

En 2013, la revue Psychological Science avait ainsi publié un article très intéressant pour présenter les travaux de recherche menés par Geoff Cole et Arnold Wilkins, deux psychologues travaillant pour l’Université d’Essex. Travaux que vous pouvez consulter librement en suivant ce lien.

Dans ces travaux, les chercheurs supposaient ainsi que la trypophobie était en réalité un reliquat de notre instinct de survie. Une réaction conditionnée et fonctionnant un peu comme un déclencheur.

L’objectif ? Nous protéger des espèces venimeuses.

En compilant d’anciennes études, les deux chercheurs avaient ainsi établi que 16 % de leurs participants souffraient de trypophobie. Ce n’est cependant pas le plus intéressant.

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Une histoire de survie

Pour tenter de comprendre le phénomène, ils ont également comparé des images d’objets provoquant des réactions trypophobes à des images montrant des trous ne déclenchant pas la moindre réaction. Et ils ont alors fait une découverte proprement fascinante : les images du premier groupe avaient toutes une chose en commun : un contraste élevé.

Les trous seuls n’expliquaient donc pas les réactions des personnes atteintes de trypophobie.

Les deux chercheurs ont alors épluché tous les rapports pour tenter de comprendre ce qui pouvait provoquer de telles réactions. Et ils ont fini par trouver une piste, grâce au témoignage d’une personne en particulier : un homme qui avait ressenti une réaction en voyant… un animal.

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Un témoignage qui donne un autre éclairage sur les réactions trypophobes

Un animal, et pas n’importe lequel puisqu’il s’agissait d’une pieuvre à anneaux bleus, qui est l’un des animaux les plus venimeux au monde.

Ce témoignage leur a fait l’effet d’un véritable électrochoc. Cole et Wilkins ont alors compris que la trypohobie avait joué un rôle dans notre évolution en nous prémunissant des animaux venimeux. Une réminiscence de notre instant de survie, en somme. C’est en tout cas leur théorie.

Et cela va même plus loin. Les deux chercheurs pensent également que tous les individus souffrent de trypophobie, mais à différents degrés. Il s’agirait donc d’une caractéristique commune à notre espèce. Une caractéristique qui lui a permis de survivre.

Mots-clés psychologie