Cet implant traite le diabète en fournissant de l’oxygène aux cellules productrices d’insuline

Dans l’organisme, les cellules d’îlots pancréatiques ont pour fonction de produire de l’insuline pour maintenir normal le taux de sucre sanguin. Chez les personnes atteintes de diabète de type 1, ces cellules sont détruites par le système immunitaire. Par conséquent, elles doivent avoir recours à une injection manuelle d’insuline dans le sang pour survivre.

Un implant de cellules d’îlots pancréatiques constitue une alternative aux injections d’insuline. Les cellules en question peuvent provenir soit d’une personne décédée  soit de cellules souches. Cette méthode présente cependant une faille car, même si elle fonctionne dans la plupart des cas, elle nécessite la prise de médicaments immunosuppresseurs pour empêcher le rejet des cellules, et ce, jusqu’à la mort.

Implants de cellules d’îlots pancréatiques
Crédits Felice Frankel

Dans une nouvelle étude, des scientifiques du MIT et du Boston Children’s Hospital ont développé un nouveau dispositif qui permettrait de traiter le diabète. A l’inverse des anciens types d’implant, celui mis au point par l’équipe serait capable de produire de l’oxygène pour nourrir les cellules d’îlots pancréatiques qu’il transporte.

A lire aussi: La prise quotidienne d’aspirine réduirait les risques de diabète chez les 65 ans et plus

Un implant qui produit de l’oxygène

Auparavant, des scientifiques avaient déjà pensé à encapsuler des cellules d’îlots dans de minuscules implants flexibles. La barrière créée par l’implant protège les cellules d’îlots face au système immunitaire de l’hôte et permet à l’insuline produite d’être diffusée dans la circulation sanguine. Cependant, les cellules d’îlots ne peuvent pas accéder à l’oxygène vital à cause de l’implant, et ne durent pas longtemps.

Afin de combler cette lacune, des chercheurs ont incorporé soit une chambre à oxygène préchargée, soit des réactifs chimiques produisant de l’oxygène dans certains implants. Mais l’oxygène et les réactifs chimiques s’épuisent avec le temps et doivent être rechargés ou remplacés.

Dans la nouvelle étude, les scientifiques ont tenté de trouver une solution à plus long terme. Leur nouveau dispositif comporte des centaines de milliers de cellules d’îlots et une membrane échangeuse de protons. Cette dernière peut diviser la vapeur d’eau qui se trouve dans le corps en hydrogène et en oxygène. Alors que l’hydrogène est diffusé sans danger, l’oxygène est transporté dans une chambre de stockage se trouvant dans l’implant. Grâce à une fine membrane perméable, l’oxygène peut circuler vers la chambre où se trouvent les cellules d’îlots pancréatiques.

Une solution innovante

En laboratoire, le dispositif a été testé sur des souris souffrant de diabète. Les chercheurs ont implanté une version du dispositif entièrement génératrice d’oxygène sous la peau d’un groupe de rongeurs. Une version non oxygénée ne contenant que des cellules d’îlots a également été implantée chez un autre groupe. Au début, les individus des deux groupes se sont comportés normalement mais après deux semaines, le niveau de glycémie du groupe non oxygéné est devenu élevé.

Les auteurs de l’étude prévoient prochainement de mener d’autres tests sur des animaux de plus grande taille. Après cela, des essais cliniques sur des humains débuteront.

En plus de constituer une solution potentielle pour les personnes diabétiques, il semblerait que le nouvel implant pourrait aussi remplacer les perfusions pour les patients qui doivent prendre fréquemment des protéines de manière exogène. En effet, il a déjà été utilisé pour soutenir les cellules produisant une protéine appelée « érythropoïétine » qui stimule la production de globules rouges.

SOURCE: New Atlas

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.