Impression 3D : l’huile de cuisson de McDonald comme ingrédient des résines plastiques

Des chercheurs de l’Université de Toronto (Canada) ont trouvé un moyen de réutiliser l’huile de friture usagée de McDonald pour créer du plastique photosensible. Ce plastique servira de base pour la création des résines utilisées dans les imprimantes 3D.

Outre l’aspect novateur de la démarche, les travaux entrepris mettent en avant des avantages économiques et environnementaux indéniables. D’une part, la résine d’huile recyclée est moins chère que celles généralement utilisées pour les imprimantes 3D et d’autre part, les modèles imprimés avec la résine sont biodégradables.

Le panneau d'un McDonald's

Crédits Pixabay

Les travaux de recherche réalisés par ces chercheurs canadiens ont été publiés dans la revue ACS Sustainable Chemistry & Engineering et font preuve du sérieux de la démarche proposée.

Une idée originale

L’idée de transformer l’huile d’une friteuse en du plastique photosensible est l’œuvre d’un professeur de l’Université de Toronto Scarborough. Ce professeur qui s’est intéressé aux résines des imprimantes 3D il y a environ 3 ans a remarqué que les molécules utilisées dans les résines plastiques retrouvées dans les commerces étaient identiques aux graisses dans les huiles de cuisson.

En partant de ce constat, l’équipe de chercheurs de l’Université de Scarborough s’est lancée dans la recherche d’un partenaire industriel en mesure de leur fournir cette huile usagée.

McDonald, la deuxième chaîne de restauration au monde, s’est alors proposée pour fournir volontairement ses huiles de fritures déjà utilisées. Une initiative qui étonne peu, vu le coût exorbitant que la firme débourse pour éliminer ses sous-produits.

Un procédé simple et avantageux

Le processus chimique qui permet d’obtenir la résine photosensible utilise un photoamorceur qui change les propriétés physiques de l’huile lorsque cette dernière est exposée à la lumière. La résine ainsi obtenue est ensuite adaptée aux imprimantes 3D qui utilisent la stéréolithographie, technique qui consiste à durcir progressivement les couches de résines avec de la lumière. Le rendement de ce processus est d’un peu moins de 50 % (1 litre d’huile donne 0,42 litre de résine).

L’un des avantages de cette nouvelle résine est son prix. Il faudra en effet débourser plus de 500 dollars pour un litre de résine pour les imprimantes de stéréolithographie HD contre environ 300 dollars par tonne métrique pour la résine recyclée. Par ailleurs, un test positif sur l’impression d’un papillon 3D avec des motifs de moins de dix micromètres a montré que le produit est thermiquement stable et qu’il est biodégradable.

On ne sait pas encore quand cette nouvelle forme de résine pour imprimante 3D pourrait bien débarquer sur le marché, mais on espère que c’est pour bientôt.

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