L’impression 3D à la rescousse des personnes défigurées

Dans le Pays de Galles, dans le comté de Pembrokeshire, une jeune fille de 10 ans va bientôt recevoir une nouvelle oreille imprimée en 3D à partir de cartilage humain. La petite fille s’appelle Radiyah et elle est née avec une malformation congénitale dénommée microta. Son oreille gauche externe ne s’est pas bien développée lorsqu’elle était encore dans le ventre de sa mère.

Ce sont des chercheurs du Swansea University qui ont eu l’idée d’utiliser cette technique d’impression en 3D pour aider la petite Radiyah. Il s’agit d’une étude d’une valeur d’environ 3 millions d’euros qui sera réalisée en partenariat avec la Scar Free Foundation. L’objectif sera d’imprimer en 3D du cartilage fait avec des cellules souches humaines et des matériaux végétaux. Ce cartilage pourra être transplanté et permettra de soigner Radiyah et d’autres patients ayant besoin d’une chirurgie de reconstruction faciale.

Une imprimante 3D
Crédits Pixabay

Selon, Rana, le père de Radiyah, cette intervention permettra à sa fille de retrouver sa confiance en elle. Il a ajouté que les jeunes filles aimaient s’attacher les cheveux, mais aussi mettre des boucles d’oreilles. Radiyah aurait commencé à perdre de sa confiance en elle, alors ils ont décidé de se tourner vers la médecine.

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La meilleure solution

On peut trouver du cartilage un peu partout dans le corps humain. Il s’agit d’un tissu élastique de connexion qui couvre et protège le bout des os et les articulations. Le cartilage joue le rôle d’absorbeur de choc et nous permet de bouger librement. A part les os, des parties du corps comme le nez et les oreilles externes sont aussi faites principalement de cartilage. C’est ce qui leur donne leur flexibilité.

Pour les patients comme Radiyah, il existe plusieurs options pour réparer le nez ou les oreilles où il manque du cartilage. Il y a par exemple des prothèses personnalisées en polymère qui peuvent être utilisées, mais on peut aussi prélever du cartilage sur le corps du patient. Toutefois, cette dernière procédure laisse généralement une cicatrice qui sera toujours visible.

L’étude menée par les chercheurs de Swansea compte régler le problème de la cicatrice. L’impression 3D évitera également de prélever du cartilage puisque les structures faites en cartilage seront imprimées en laboratoire. Ces structures serviront d’échafaudages où des cellules souches spécifiques du patient vont croître pour former la base d’un nez ou d’une oreille. L’on sait que le cas de Radiyah n’est encore qu’un début puisque les scientifiques vont ensuite appliquer la technologie aux survivants du cancer et aux victimes de brûlures.

Une technique d’avenir

Selon les experts, le but ultime de l’impression biologique en 3D est de pouvoir créer des organes qui pourront être transplantés. Lorsque cet objectif sera atteint, il n’y aura plus de listes d’attente de dons d’organes et cela va beaucoup aider les patients, ainsi que les systèmes de santé. Cependant, le chemin sera encore long et il faudra encore attendre des années, mais cette étude menée par les chercheurs de Swansea University montre qu’il est maintenant possible d’imprimer des structures tissulaires plus simples comme les échafaudages de cartilage.

Selon Iain Whitaker, président du département de chirurgie plastique à la faculté de médecine de l’université, la réussite de ce programme va transformer le futur de la chirurgie. Cela va supprimer le besoin de transférer du tissu d’une partie du corps vers une autre partie et éviter ainsi la douleur et les cicatrices qui y sont associées.