Et maintenant, des “incendies zombies”

Les « incendies zombies » sont un phénomène que le réchauffement climatique aggrave. Ils sont favorisés par la forte hausse des températures estivales.

Chaque hiver, la neige recouvre l’Alaska et le nord du Canada pour éteindre les incendies de forêt. Du moins en surface. Sous le calme apparent du paysage blanchâtre, les feux continuent de couver, alimentés par la tourbe riche en carbone. Au retour du printemps, l’horizon se dégèle et les incendies hivernants refont surface. Pour cette raison, les chercheurs parlent d’« incendies zombies ». Une nouvelle étude portant sur le phénomène vient de paraître dans la revue scientifique britannique Nature.

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Les données montrent pour la première fois l’ampleur de ces feux propres aux régions boréales. Elles apportent également davantage de précisions quant aux facteurs qui favorisent la ranimation des flammes résurgentes.

Une étude portant sur des données récoltées sur près de 16 ans

Pour les besoins de cette nouvelle étude, les chercheurs se sont à la fois appuyés sur des données satellitaires et des rapports d’incident.

Les informations recueillies concernent une zone spécifique comprenant l’Alaska et le Nord-ouest canadien. Les scientifiques ont pu développer un algorithme capable de déterminer les feux qui se sont rallumés au retour de la saison printanière. À noter que le processus a permis d’exclure les cas ayant pu coïncider avec un orage, ainsi que les feux de forêt anthropiques à proximité de zones d’habitation.

Les chercheurs ont calculé l’ampleur des incendies zombies entre 2002 et 2018. Les résultats montrent que ces incendies étaient responsables de 0,8 % de la superficie totale brûlée dans la zone géographique étudiée.

Ce pourcentage semble insignifiant, mais une année particulière a retenu l’attention des chercheurs. En 2008, un seul incendie zombie avait entrainé la carbonisation de 38 % de la surface totale brûlée.

Améliorer la stratégie de lutte contre les feux de forêt dans la partie nord de la planète

Les conséquences de ce type d’incendie sont terribles pour la Terre. Un banal feu de forêt génère déjà un volume considérable de dioxyde de carbone. Les émissions sont d’autant plus graves avec les flammes résurgentes. Pour rappel, la tourbe qui compose le sous-sol boréal est riche en carbone et autres gaz à effet de serre. En plus de libérer une grande quantité de gaz carbonique, les incendies zombies dégagent du méthane.

À noter que le méthane est un gaz à effet de serre beaucoup plus dangereux que le CO2.

En reliant les incendies zombies aux températures estivales extrêmes, l’étude offre aux organismes de lutte contre les feux de forêt la possibilité d’améliorer leur stratégie. Les gros incendies sont effectivement plus susceptibles d’hiverner. De ce fait, les pompiers peuvent utiliser des images satellite pour surveiller les traces de brûlure lors de la fonte des neiges. Ils seront ainsi en mesure d’intervenir avant que les feux résurgents ne deviennent incontrôlables.