Incertitudes autour du lancement du système de paiement WhatsApp en Inde

Le gouvernement indien refuse toujours de donner son feu vert à Facebook pour le lancement du service de paiement WhatsApp à l’échelle nationale. Les pouvoirs publics sont sceptiques quant à la capacité, voire la volonté de la firme américaine, de protéger les données des utilisateurs.

Le scandale Cambridge Analytica aura considérablement terni la crédibilité de la plateforme.

Discrédité partout dans le monde, Facebook est sommé par les autorités indiennes de fournir davantage de détails sur le nouveau système de paiement. Si l’affaire s’enlise, c’est probablement aussi que les banquiers de WhatsApp rechignent à montrer patte blanche au gouvernement indien.

Le géant américain doit pourtant choisir entre la confidentialité chère aux financiers et la transparence réclamée par les autorités indiennes.

Facebook, mauvais exemple en matière de protection de la vie privée

Lors de son audition devant le Sénat américain en avril dernier, Mark Zuckerberg présentait une énième excuse pour les millions de données personnelles subtilisées pendant la campagne électorale de 2016. L’un des sénateurs lui avait alors rappelé les nombreuses fois où il s’était excusé sans initiative concrète pour la protection de la vie privée des utilisateurs.

Le gouvernement indien se préoccupe aussi de la vie privée de ses ressortissants. Cela se comprend avec ce que les cabinets d’analyse peuvent faire avec des données utilisateurs. Cela dit, Anne Yeh, porte-parole de WhatsApp, se veut rassurante et affirme que la plateforme est « en étroite collaboration » avec les pouvoirs publics.

Les images de lynchage postées sur WhatsApp

L’opinion publique n’oublie pas les vidéos de personnes lynchées qui ont circulé sur la plateforme de messagerie. Ce n’est pas la première fois que les modérateurs de Facebook et de ses services de messagerie font preuve de laxisme criant. De ce fait, WhatsApp est poursuivi en justice par le gouvernement indien pour incitation à la violence.

Est-ce que cette erreur de modération explique le retard du lancement du service de paiement ? WhatsApp n’a pas souhaité réagir sur la tournure judiciaire que prend l’affaire. Ce qui est certain, c’est que Facebook et ses plateformes de messagerie ont une mauvaise réputation en matière de données personnelles et que le réseau social ne fait pas beaucoup d’efforts pour améliorer son système de modération.