On en sait un peu plus sur l’événement de la Toungouska

L’événement de la Toungouska fascine les chercheurs depuis plusieurs années, à un point tel que de nombreuses études ont été conduites pour tenter d’expliquer le phénomène. Et il semblerait que nous tenions enfin un début de réponse.

Ce mystérieux événement remonte au 20e siècle. Le 30 juin 1908, une puissante onde sonore a été relevée au petit matin en Sibérie centrale, dans ce qui était alors l’Empire russe.

La Sibérie et une formation rocheuse
Image par Eszter Miller de Pixabay 

Par la suite, les études ont démontré que l’incident avait libéré une énergie équivalente à mille fois celle de la bombe lâchée sur Hiroshima.

Retour sur l’événement de la Toungouska

L’onde de choc a eu pour effet de détruire la forêt dans un rayon de vingt kilomètres et d’occasionner des dégâts sur plusieurs centaines de kilomètres à la ronde.

De nombreuses théories ont été formulées pour tenter d’expliquer le phénomène. Pendant un temps, les chercheurs ont soupçonné la foudre ou encore des poches de méthane d’être à l’origine de cette onde de choc.

La météorite faisait également partie des suspects. Une théorie qui a cependant eu du mal à s’imposer puisqu’aucun fragment n’a été retrouvé sur place dans les fouilles qui ont suivi. Certains chercheurs ont alors supposé que le corps à l’origine de cette onde de choc s’était peut-être désintégré dans le ciel.

Et aujourd’hui, il semblerait que nous tenions enfin une explication.

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Un météorite qui aurait “frôlé” la Terre

Vladimir Pariev, un chercheur travaillant pour l’Institut Physique P. N. Lebedev de l’Académie des Sciences de Russie, a en effet réuni une nouvelle équipe pour étudier le phénomène. Les chercheurs ont alors pu formuler une nouvelle hypothèse. Une hypothèse concordant avec les données récoltées sur le terrain.

D’après eux, la puissante onde de choc relevée en 1908 serait bien imputable à un météore. Toutefois, ce dernier n’aurait pas directement frappé notre planète. Il l’aurait en effet frôlé avant de repartir en direction de l’espace.

Comment aurait-il survécu à son entrée dans notre atmosphère, alors ?

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Un corps composé de fer et mesurant plus de 100 mètres de diamètre

L’explication semble venir de sa composition. Les chercheurs supposent en effet que le météore ne se composait pas de roches… mais de fer.

Pour s’assurer de la viabilité de leur hypothèse, ils ont alors conduit plusieurs simulations en s’appuyant sur divers modèles informatiques. Certains d’entre eux se focalisaient sur des corps faits de roches, d’autres sur des corps composés de glace ou de fer. Avec des diamètres compris entre 50 et 200 mètres. La trajectoire, pour sa part, était presque toujours la même et ces superbolides passaient ainsi à 10 ou 15 kilomètres de la Terre.

Or justement, ces simulations ont montré qu’un corps composé de roches ou de glace se serait totalement décomposé en s’approchant aussi près de notre monde. Contrairement à un gros météorite composé de fer qui aurait très bien pu frôler la planète et repartir sans se fragmenter.

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Des incohérences à élucider

Il aurait simplement fallu que le corps soit doté d’un diamètre supérieur à 100 mètres.

En conséquence, les chercheurs pensent que le responsable de l’événement de la Toungouska est un météore en fer mesurant entre 100 et 200 mètres de diamètre, un météore qui serait passé à 10 ou 20 kilomètres de la Terre à une vitesse de 72 000 km/h et qui aurait du même coup provoqué cette puissante onde de choc.

Il y a cependant un point qui ne colle pas : le schéma de l’explosion.

Comme l’a expliqué Mark Boslough au site Live Science en 2020, la position des arbres abattus laisse penser que l’explosion s’est produite à un point unique et qu’elle ne résulte donc pas d’une trainée. Le chercheurs estime aussi que si un météore avait simplement traversé l’atmosphère terrestre, alors il n’aurait pas été en mesure de produire une telle onde de choc.