Insolite : le plus vieux poisson d’eau douce est âgé de 112 ans !

Le Buffalo à grande bouche est un poisson étonnant, car il a vu passer une moitié de l’histoire de l’humanité ! Le Titanic n’a pas encore été construit qu’il commençait déjà à sillonner les rivières. Cependant, sa course semble sur le point de s’achever, car son espèce pourrait s’éteindre à cause des agissements de l’homme.

Très prisé pour sa chair, c’est le plus vieux poisson jamais enregistré.

Crédits Pixabay

Une étude menée sur la datation de certains poissons d’eau douce a récemment été publiée dans la revue Communications Biology. Le Buffalo à grande bouche faisait partie des sujets traités lors de cette étude. Les résultats obtenus sur les dizaines d’espèces disséquées ont permis aux biologistes d’établir une moyenne d’âge tournant aux environs des 100 ans.

À part la datation de certaines espèces, les chercheurs ont également marqué quelques poissons avant de les relâcher dans la nature dans le but d’avoir un suivi sur leur évolution.

Une espérance de vie au-delà de toutes les prévisions

Jusqu’ici, l’espérance de vie du Buffalo à grande bouche avait été estimée aux alentours de 26 ans. Les travaux de datations effectués récemment ont cependant révélé une tout autre réalité. Le spécimen que les scientifiques ont eu la chance de dater avait en effet atteint l’âge de 112 ans. Ce qui le classe devant l’Aplodinotusgrunniens qui était âgé de 73 ans.

En prélevant des morceaux d’otolithes, qui sont des composés de carbonate de calcium situé dans les oreilles des poissons osseux, les biologistes ont analysé et compté les différentes couches qui se sont accumulées à intervalles réguliers afin de déterminer l’âge des poissons disséqués. Une moyenne d’âge comprise entre 80 et 90 ans a été établie. À part le poisson le plus vieux jamais découvert, les chercheurs ont pu constater une population vieillissante chez la plupart des spécimens analysés.

Un vieillissement de la population dû aux activités humaines

Les résultats de la datation réalisée sur plusieurs dizaines de poissons ont démontré qu’environ 85 à 90 % des individus étaient âgés de plus de 80 ans. Une estimation qui suggère un faible taux de reproduction depuis 1930 chez les spécimens étudiés. Les biologistes blâment en première partie les barrières érigées le long de certaines rivières.

Comme l’expliquent les scientifiques à l’origine des études : « les barrages restreignent l’accès aux zones de frai et peuvent neutraliser les signaux environnementaux supposés inciter un comportement de ponte. » La situation est d’autant plus inquiétante, car en plus d’une reproduction quasi inexistante et une industrialisation de la pêche au gros, certaines espèces, en particulier le Buffalo à grande bouche, seraient voué à disparaître.

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