Intel aurait finalement laissé tomber la gravure 10 nm

Intel jouerait-il les cachottiers ? C’est en tout cas ce que pense Semi-accurate. Souvent bien renseigné, le site avance que la firme de Santa Clara aurait récemment laissé tomber la mise au point de son procédé de gravure en 10 nm. Une information qu’Intel s’est empressé de démentir sur Twitter, quelques heures seulement après la publication de l’article de Charlie Demerjian (le fondateur de Semi-accurate), qui s’en tient pour sa part à ce que ses sources lui ont murmuré. Mieux, le site assure que les bleus auraient pris une excellente décision en tournant la page d’une technologie qui leur pose problème depuis plusieurs années.

Initialement, l’exploitation de la gravure en 10 nm aurait dû débuter en 2016. Intel avait toutefois décalé cette échéance à 2017, puis 2018, avant de la repousser de nouveau. Aux dernières nouvelles, l’arrivée de processeurs gravés en 10 nm est – officiellement – attendue pour 2019 sans plus de détails. Dans son tweet, Intel soutient mordicus “faire de beaux progrès sur le 10 nm” et assure s’en ternir à la timeline présentée il y a quelques semaines, dans un communiqué rédigé par Bob Swann (le président par intérim du groupe).

Habituellement bien informé, Semi-accurate avance qu’Intel aurait en réalité abandonné la gravure 10 nm pour se focaliser, potentiellement, sur la mise au point d’un autre procédé plus avancé technologiquement.

Pour Charlie Demerjian, l’annulation pure et simple du process 10 nm s’inscrit cependant dans la continuité de nombreux échos entendus au fil des ans. Depuis 2016, Semi-accurate martèle en effet que ce procédé ne serait jamais fiable d’un point de vue financier pour Intel, qui, en chemin, aurait accumulé un retard considérable (estimé à 5 ans par certains analystes) face à ses concurrents directs. AMD, par exemple, prévoit ainsi de présenter ses puces CPU et GPU 7 nm (gravées par le taïwanais TSMC) sur le prochain CES, en janvier.

Intel : le grand jeu du baratinage sur fond de fiasco industriel ?

La décision, pour l’heure tout ce qu’il y a de plus officieuse, de planter un couteau dans le dos du process 10 nm serait pour Semi-accurate la résultante de plusieurs années d’un développement cahoteux. Un développement motivé – entre autres – par la nécessité de contenter Wall Street, qui voyait d’un mauvais œil l’apparente stagnation d’Intel sur son procédé de gravure en 14 nm (ce dernier anime toujours les puces actuelles de la firme, même les Core de 9e génération dévoilés dernièrement)

Reste qu’entre les ultimes déclarations d’Intel et les assertions de Semi-accurate, il y a un monde. Si les informations glanées par le site s’avèrent correctes, alors le fondeur de Santa-Clara se prête à un double jeu risqué en termes de communication. Ce double jeu lui permettrait toutefois de maintenir un certain effet de surprise, si – pendant ce temps – les recherches pour un procédé de gravure plus avancé technologiquement (gravure 7 ou 5 nm) sont en cours dans les labos d’Intel et / ou de ses partenaires industriels.

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