Internet Explorer 6 passe sous la barre des 20%…

Mes chers compatriotes, l’heure est grave. Nous vivons une époque difficile, les entreprises licencient, le pouvoir d’achat s’effondre et, histoire d’en rajouter une nouvelle couche, Internet Explorer 6 passe sous la barre des 20%. Pour certains, ce sera une bonne chose mais pas pour tous. Non, car nous sommes encore nombreux à soutenir de manière inconditionnelle cet excellent navigateur.

Internet Explorer 6, de bien jolis souvenirs...

Ce n’est qu’un auuuu revoiiiiir, ce n’est qu’un auuuuu revoiiiiiireuhhhh… Oui, je vous le dis haut et fort, cette nouvelle m’a complètement révolté. Il m’est insupportable d’imaginer un seul instant qu’Internet Explorer 6, cette merveille du web, puisse sombrer dans l’oubli. D’ailleurs, rien qu’à cette idée, mon corps tremble et je sens même un filet de sueur glaciale me couler entre les omoplates. Pour un peu, j’irai même jusqu’à mouiller ma couche.

Car en effet, j’aime Internet Explorer 6. A mes débuts en tant que développeur, j’adorais passer plusieurs heures à résoudre les différents problèmes d’affichage de ce dernier. Parfois, je criais, parfois je hurlais, mais toujours avec beaucoup de tendresse, toujours avec beaucoup d’amour. La vérité, mes chers amis, c’est qu’Internet Explorer 6 était un peu comme une femme : il vous prenait beaucoup de temps, il vous les cassait parfois mais vous ne pouviez pas vous en passer.

Même lorsqu’il balancait mes DIV dans tous les sens, je ne pouvais m’empêcher de ressentir de l’affection à son égard. Le pauvre, sa vie n’était pas facile, il devait lutter chaque jour pour conserver son égémonie et les autres développeurs n’étaient vraiment pas tendres avec lui. Une femme, oui, mais malaimée, méprisée, eseulée, en souffrance. Internet Explorer 6, c’était un peu comme la série de l’après-midi sur M6, une véritable aventure humaine.

Et maintenant quoi ? Maintenant Internet Explorer 6 disparaît tout doucement, maintenant le navigateur revêche est passé sous la barre fatidique des 20%. On l’oublie, on ne le voit plus, on ne pense plus à lui et il se retrouve complètement seul, utilisé seulement par une poignée  de gens réfractaires aux insolentes avancées du web.

Avant, nous avions Internet Explorer 6 et les autres. A présent, nous n’avons plus le choix, les navigateurs web s’uniformisent et ne nous réservent plus aucune surprise. Tout fonctionnera bien, tout sera correctement interprété et nous ne serons plus confrontés à ces problèmes insolubes qui nous menaient tard dans la nuit.

Je vous le dis, au moment où j’écris ces lignes, Internet Explorer 6 me fait penser au Parti Socialiste français. Ancré durant des années dans notre quotidien, dans nos valeurs, il n’existe plus aujourd’hui que dans nos souvenirs.

Recueillement.

Via Alsacréations