Interview : Eric Charpentier, de Dwého

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Dwého est un chouette service spécialisé dans l’aide à la personne, et plus précisément dans le ménage et dans le repassage. Un incontournable pour tous ceux qui n’ont pas le temps, ni l’énergie, de s’occuper des ces corvées quotidiennes parfois très chronophages. Oui, et figurez-vous que votre humble serviteur a eu l’occasion d’interviewer Eric Charpentier, l’homme qui se trouve à l’origine du projet et qui a eu envie de vous en dire plus sur ses premiers pas, ses erreurs, ses réussites et l’évolution qu’il souhaite donner à son service.

Dwého fait partie des services évoqués par votre humble serviteur à ses débuts. Autant dire qu’il ne date pas d’hier puisque ce dernier a fait ses premiers pas en 2007. A l’origine, l’objectif de Dwého était relativement simple, il s’agissait tout de permettre aux internautes de vendre leurs services sur la Toile et donc de monétiser leurs compétences.

Bien sûr, Dwého a évolué très vite. En août 2008, il nous revient dans une nouvelle version et met en avant une toute nouvelle fonctionnalité : EasyDom. Grâce à cette nouveauté, les gens ont la possibilité de laisser le service gérer le personnel embauché. L’offre rencontre un vif succès. Quelques mois plus tard, Eric décide de procéder à une mise à jour majeure et se concentre exclusivement sur le marché du ménage et du repassage. Aujourd’hui, Dwého est devenu un acteur incontournable sur la scène web française et vous allez à présent pouvoir découvrir l’interview de celui qui se trouve être à l’origine de tout.

Salut Eric, est-ce que tu peux te présenter toi, tes études, ton parcours professionnel et Dwého en quelques mots ?

Salut, pour me présenter rapidement je dirais que finalement, malgré un parcours scolaire difficile et décalé, j’ai finalement réussi à revenir à mon projet initial. Alors que depuis le lycée je voulais m’orienter dans l’économie, j’ai fini mes études en sciences avec Licence de chimie obtenue presque par hasard. Parallèlement je travaillais dans le secteur social et j’ai l’opportunité de préparer un master en Administration Economique et Sociale, et c’est là que j’ai découvert le secteur des services à la personne. Après le master j’ai eu l’opportunité de diriger une importante association d’aide à domicile dans les Hautes-Pyrénées (j’avais juste 28 ans). C’était bien avant que le plan Borloo de développement des services à la personne ne fasse exploser ce secteur. En voyant l’activité de l’association s’orienter vers l’aide aux personnes dépendantes, j’ai pensais qu’il y avait un marché avec une offre commerciale pour les actifs. J’ai donc créé ma première boite dont on pourra reparler plus tard. Une première expérience d’entrepreneur où j’ai beaucoup découvert mais aussi beaucoup galéré. En 2007, j’ai créé dWého qui est devenue la première enseigne internet, agréée par l’Etat pour le ménage et le repassage.

Comment t’est venue l’idée de Dwého ? Quelle est la structure juridique que tu as adoptée et combien de collaborateurs êtes-vous ?

dWého c’était en 2007, j’avais encore l’autre boite de service à la personne en garde d’enfant et aide à la personne âgée, mais j’avais envie de créer autre chose sur internet. dWého est lancé en mars 2007 sous la forme d’une SAS (SAS tout seul j’étais le seul associé). Le projet initial était de créer une communauté de services où le gens pourraient se rendre des services aussi divers que le ménage, le montage de meuble, la garde d’animaux … On était en pleine mouvance web 2.0 avec des sites communautaires avec des système de recommandation. J’ai appliqué toutes les formules de l’époque. Le site a très bien fonctionné. A un détail près la monétisation. Début 2009, face à la difficulté de monétiser, et avec mon expérience précédente j’imagine un concept très différent. dWého va devenir la première enseigne e-commerce pour la vente de services à la personne, ménage et repassage en l’occurrence.

Beaucoup de gens ont envie de monter leur affaire, mais très peu de gens franchissent vraiment le pas. Certains pensent que c’est à cause de la conjoncture économique, d’autres que les charges sont beaucoup trop lourdes. En ce qui te concerne, qu’est-ce qui t’a freiné dans ta démarche ? Et puis surtout, qu’est-ce qui t’a donné envie de dépasser ça pour te lancer ?

Au démarrage d’un projet personnellement je me pose pas toutes ces questions car il y a toujours une bonne raison de ne rien faire. Je suis un empirique, je lance, je teste, je valide, j’adapte. Les web business permettent et nécessitent cette capacité de réactivité.

En lisant tes autres interviews à ton sujet (oui, faut pas croire, je me renseigne), j’ai appris que tu avais monté une entreprise juste avant de lancer Dwého. Et que tu avais connu, comme tous les entrepreneurs, des réussites mais aussi des échecs. Est-ce que tu peux nous en dire plus à ce sujet ? Comment as-tu trouvé l’énergie de rebondir et de lancer une nouvelle entreprise dans la foulée ?

Effectivement comme je disais plus haute j’ai créé une première activité en 2003 avec quelques euros sur le compte. C’était de l’inconscience. En créant son activité on est toujours persuadé (et heureusement finalement) que ça va décoller de suite. Que les consommateurs vont s’arracher votre produit ou votre service. Mais quand ça commence à prendre du temps et que tu as démarré rien, là ça se complique. Tu essaye de rebondir comme tu peux mais tu ne rattrape jamais ton retard, et c’est la spirale infernale. Tout le monde te lâche et il est très difficile de se relever. Cette première expérience a été un échec mais j’en ai aussi tiré profit. Et rapidement tu t’aperçois qu’il vaut mieux créer quelque chose de nouveau et que te faire des rustines sur une vieille roue.

La toute première mouture de Dwého touchait un public plutôt large, on pouvait trouver des annonces très diversifiées. La dernière version en date met l’accent uniquement sur les femmes de ménage et sur le repassage. Un choix stratégique plutôt audacieux, pour ne pas dire dangereux. Et dans l’avenir, est-ce que tu comptes continuer à te limiter à ces services ou as-tu autre chose en préparation ?

Le ménage et le repassage sont les services les plus demandées dans les services à la personne, c’est la raison pour laquelle nous avons opté pour une segmentation sur ce marché et ses services. Des services qui sont en plus très techniques et donc adapté à une mode de distribution e-commerce. Ce marché du ménage compte près de 6 millions de foyer consommateurs potentiels donc on va continuer à investir et développer notre expertise sur ce métier. Toujours dans ce domaine nous prévoyons de lancer une nouvelle offre encore innovante dans ce marché.

Notre modèle actuel attire beaucoup de jeunes actifs et internaute bien sûr qui ont un accès “décomplexé” aux services d’une femme de ménage. Avant avoir une femme de ménage s’était bourge et couteux, aujourd’hui c’est tendance et pas plus cher qu’un abonnement téléphonique avec un iPhone. C’est juste une question de choix ;-)

Pourquoi passer par Dwého plutôt que par un système d’annonce classique ? Quelles sont les forces, mais aussi les faiblesses de ton service ? Et au niveau fiscal, comment est-ce que cela se passe ?

Avec notre modèle on est le bon compromis entre l’annonce classique où tu vas rechercher et employer directement ta femme de ménage, et l’offre de prestation de service proposée par des agences de services à la personne. Grâce à notre modèle de vente en ligne on est capable d’être aussi économique que l’emploi direct avec la sécurité d’une prestation de service.

Aujourd’hui pour un tarif unique de 16,90€/heure, on va sélectionner et employer ta femme de ménage. Tu n’as rien à faire, aucune responsabilité employeur et tu peux arrêter quand tu veux. L’emploi direct est dangereux si l’on ne le maîtrise pas bien. L’animateur Arthur a fini devant les Tribunaux des prud’hommes avec sa femme de ménage. Et ceci arrivent de plus en plus souvent. Que l’on soit un particulier ou une entreprise quand on emploi quelqu’un mieux vaut bien maîtriser cette responsabilité.

Et comme nous sommes la première enseigne e-commerce agréée par l’Etat nos clients peuvent déduire des impôts la moitié de leur facture. Donc une heure de ménage revient à 8,45€/heure après la réduction d’impôt.

Notre seule faiblesse encore aujourd’hui c’est notre capacité à recruter rapidement des femmes de ménage aux quatre coins de la France mais on devrait améliorer rapidement ce point là.

Tu as du l’entendre comme moi, le gouvernement a parlé de supprimer certaines aides à la personne. Si cela devait vraiment arriver, quel serait l’impact d’une telle décision sur ton service et sur tes utilisateurs ? Ton business model serait-il toujours aussi rentable ?

Le Président a annoncé très rapidement que notre secteur ne serait pas concerné par le “rabotage” des niches fiscales. C’est aujourd’hui l’un des secteurs les plus dynamique en terme de création d’emploi, et l’ensemble du Gouvernement s’accorde sur le fait de ne pas toucher aux niches fiscales créatrices d’emplois.

Si tu devais choisir une citation ?

Je ne suis pas un adepte des citations mais un optimiste de nature.

Quelque chose à ajouter pour la fin ?

Je voudrais juste rajouter pour ceux qui voudraient se lancer qu’il ne faut surtout pas rester seul dans son coin. Il faut sortir, rencontrer d’autres entrepreneurs, confronter son projet.

Merci à Eric pour s’être prêté au jeu !

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