Iran : l’isolation économique profite aux nouvelles technologies

L’Iran peut se frotter les mains. Le secteur iranien des technologies profite des sanctions économiques américaines pour rebondir. La situation actuelle lui a permis d’échapper aux puissants de la Silicon Valley et de développer son propre marché technologique. Le pays propose actuellement une version locale de nombreux services internationaux très populaires. Par exemple, Snapp est la version iranienne d’Uber, Digikala celle d’Amazon et Pintapin celle de Booking.com.

Cependant, Amirali Mohajer, CEO de Pintapin, affirme qu’il ne suffit pas de calquer les modèles commerciaux étrangers pour que le secteur puisse être vraiment rentable en Iran. D’après ce jeune entrepreneur de 32 ans, il faut également « une expertise locale de A à Z », mais aussi « un modèle commercial entièrement différent. »

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L’Iran a été sanctionné par les États-Unis le 18 juillet dernier. Le pays a en effet été accusé de ne pas respecter l’accord signé en 2015 sur la limitation du programme nucléaire.

Un secteur prolifique

L’Iran compte parmi les marchés émergents les plus prometteurs au monde. En l’espace de trois ans, le secteur technologique du pays a connu une ascension fulgurante. Pour preuve, le salon Elecomp tech, qui s’est déroulé à Téhéran la semaine dernière, a vu la participation de 400 start-ups contre seulement 80 en 2014.

Aujourd’hui, le pays peut se targuer de posséder ses propres services et applications d’achat et réservation en ligne, livraisons à domicile…

Pour Amirali Mohajer, les nouvelles technologies ont un « réel impact » sur le pays. Il est fermement convaincu de l’utilité des services technologiques aujourd’hui proposés au pays, arguant que cela permettait de « reconstruire une identité iranienne ». Il admet cependant que le chemin sera encore long en raison des nombreux problèmes politiques actuels.

Revers de la médaille

Si l’Iran a su profiter de l’isolation économique imposée par les États-Unis, la situation n’en reste pas moins pesante pour certains. Naserali Saadat, organisateur du salon Elecomp tech, a expliqué que c’était comme les deux côtés d’une médaille. « Quand on est sous sanctions, on a l’opportunité de faire beaucoup de choses par soi-même, mais dans l’absolu, ce n’est pas une bonne chose, on ne peut pas vivre comme sur une île. » a-t-il déclaré.

L’avantage pour les jeunes pousses, c’est qu’elles n’ont pas à craindre la concurrence féroce que représentent les géants de la Silicon Valley. Elles ne peuvent cependant pas espérer d’être rachetées par les multinationales en raison de la situation actuelle.

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