L’ISS en danger ?

En août dernier, Vladimir Solovyov, directeur de vol du segment russe de la Station Spatiale Internationale (ISS), a révélé publiquement que la station présentait des fissures. Ces dernières avaient été découvertes au niveau du module Zarya par les cosmonautes russes. Toutefois, la NASA a déclaré que les fissures ne présentaient à l’heure actuelle aucun danger pour les astronautes. Ils ont plus tard ajouté que personne n’a découvert d’autres zones de fuites potentielles sur l’ISS.

Cette découverte n’a pourtant pas laissé de marbre Bill Shepherd, ancien astronaute de la NASA, qui a indiqué que ces fissures constituaient un problème sérieux. Récemment, il a déclaré devant la Commission de la Chambre des Représentants qu’il y a sûrement d’autres fissures qui n’ont pas encore été repérées. Il a ajouté que selon lui, les ingénieurs russes et ceux de la NASA ne comprennent pas exactement pourquoi ces fissures apparaissent maintenant.

Une photo de la Terre
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Au cours de sa carrière d’astronaute, Shepherd est allé dans l’espace 4 fois avec les navettes spatiales. Il travaillait d’ailleurs sur le programme de construction de l’ISS lorsque les premiers modules ont été lancés. Il a aussi commandé le premier équipage qui est allé sur la station en 2000. Ayant obtenu plus de détails sur les fissures lors d’une rencontre du comité consultatif de la NASA concernant l’ISS, Shepherd a indiqué que les fissures en question étaient assez petites et ressemblaient à des égratignures à la surface de la plaque d’aluminium. Il y en aurait probablement une demi-douzaine.

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Une situation sérieuse ?

Lors de son intervention auprès de la Commission de la Chambre des Représentants, Shepherd a indiqué que pour le moment, les fissures ne sont pas assez longues pour poser des « problèmes sérieux ». Mais de son côté, Solovyov a déclaré à l’agence de presse RIA le mois dernier que la situation n’était pas bonne. Selon lui, les fissures vont se propager au fur et à mesure.

Shepherd n’a pas dit si la NASA ou les Russes comptaient mener une enquête plus approfondie concernant l’existence des fissures. Dans le passé, les deux agences spatiales ont pris leur temps pour enquêter ou réparer les avaries qui ne posaient pas de risque à la sécurité des astronautes et aux opérations de la station.

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L’avenir de l’ISS

En tout cas, on peut dire que l’ISS est déjà vieille. Cela fait maintenant 20 ans qu’elle est en orbite autour de la Terre, et aujourd’hui, les problèmes techniques se font de plus en plus nombreux. C’est dans la partie russe de la station que se trouvent les composants les plus âgés, et c’est sur ces modules que les avaries sont les plus fréquentes.

Selon les informations, l’année dernière, il y a par exemple eu une augmentation mystérieuse de la température ou encore la panne d’un système fournissant de l’oxygène. En septembre 2019, le module Zvezda a commencé à perdre de l’air. Cet événement n’a toutefois pas présenté de danger immédiat pour les astronautes, et ces derniers ont fini par trouver la fuite, qu’ils ont ensuite colmatée avec du ruban Kapton.

Selon les médias russes, Solovyov aurait déjà déclaré devant l’Académie des Sciences de la Russie qu’il y avait de nombreux éléments qui sont endommagés ou hors service sur l’ISS, et la plupart d’entre eux ne peuvent pas être remplacés. Il prédit ainsi une avalanche de défaillances de plusieurs éléments sur la station après 2025.

Du côté de la NASA, l’agence spatiale compte demander des fonds au Congrès Américain pour pouvoir continuer à faire fonctionner l’ISS jusqu’en 2028. Mais Shepherd est d’avis qu’il faudrait d’abord essayer de comprendre ce qu’il se passe avec les fissures avant d’autoriser la station à continuer à opérer pendant quelques années de plus.

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