Jeanne Calment a réellement pu vivre 122 ans

Jeanne Calment est officiellement décédée en 1997 à l’âge de 122 ans, un record de longévité mis en doute par certains. Pourtant d’après une étude scientifique publiée ce lundi 16 septembre, le record de longévité de Jeanne Calment est bien valide.

L’étude se base sur des modèles mathématiques et sur de nouveaux documents pour réfuter l’hypothèse des chercheurs russes qui soupçonnent une supercherie.

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La thèse russe mise à mal par une nouvelle étude

En décembre dernier, des chercheurs russes avaient mis en doute la longévité de Jeanne Calment, en étayant une thèse selon laquelle la fille de Calment, Yvonne Calment, aurait usurpé l’identité de sa mère à la mort de cette dernière en 1934. Une thèse réfutée par une nouvelle étude franco-suisse publiée ce lundi 16 septembre dans le « Journal of Gerontology ». Selon les chercheurs suisses et français, l’idée que l’identité de l’ex-doyenne de l’humanité aurait été usurpée par sa fille unique Yvonne est « sans fondement ».

« Tous les documents trouvés vont à l’encontre de la thèse russe », affirme l’un des auteurs de l’étude, le démographe Jean-Marie Robine, directeur de recherche à l’Inserm et à l’Ecole pratique des hautes études. L’équipe a en effet exhumé plusieurs documents historiques pour démontrer que la théorie russe est fausse.

Les preuves de l’exceptionnelle longévité de Jeanne Calment

Les chercheurs suisses et français ont notamment retrouvé un article paru dans la presse locale en 1934 à Arles, où vivait Jeanne Calment. L’article atteste qu’une « foule particulièrement nombreuse » avait pis part aux obsèques de sa fille Yvonne, décédée à l’âge de 36 ans. Plusieurs autres documents mis au jour par les chercheurs attestent qu’Yvonne était malade depuis plusieurs années, mais aucun d’eux ne mentionne une quelconque maladie qu’aurait eue Jeanne avant 1934.

Les chercheurs russes avaient également affirmé dans leur étude qu’il était statistiquement impossible qu’un être humain puisse vivre 122 ans. Un argument que les auteurs de la nouvelle étude rejettent en s’appuyant sur une étude de la longévité de toutes les personnes nées en France en 1875 et en 1903. D’après leurs analyses, un centenaire avait une chance sur 10 millions d’atteindre l’âge de 122 ans.

« Une probabilité certes mince, mais qui est loin de faire de Mme Calment une impossibilité statistique », affirme le Dr François Herrmann, un des coauteurs de l’étude. Le Dr Herrmann est gériatre aux Hôpitaux universitaires de Genève et spécialiste de l’épidémiologie des personnes âgées.