JO 2018 : les Note 8 offerts aux athlètes ont failli semer la zizanie

Nous en avons parlé il y a quelques semaines, le CIO (Comité International Olympique) avait décidé d’offrir à chaque athlète participant aux Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang, un Galaxy Note 8 spécialement fabriqué pour l’occasion. Frappée du logo de l’événement et profitant d’un look exclusif, cette version du dernier flagship de Samsung (Sponsor officiel des jeux) avait tout pour plaire – mais c’était sans compter sur les réglementations internationales qui s’appliquent à certains pays en lice.

Eh oui, quand on a affaire à la Corée du Nord où à l’Iran, il y a des choses qu’il vaut mieux éviter de faire si l’on veut rester dans les bonnes grâces de la communauté internationale. Et les pontes du CIO en ont récemment fait la douloureuse expérience en posant les bases de ce qui aurait pu constituer un incident diplomatique.

En partenariat avec Samsung, le CIO a souhaité offrir un Galaxy Note 8 exclusif à chaque athlète. Seulement voilà, quand la Corée du Nord et l’Iran font partie des pays en lice, les choses peuvent vite devenir compliquées.

Dans un souci d’équité, le comité avait initialement prévu d’offrir un Note 8 exclusif à tous les sportifs engagés dans la compétition, et ce sans exception. Une bien belle initiative réfrénée par les sanctions internationales applicables à l’Iran et à la Corée du Nord. Sanctions qui s’étendent aux habitants des deux nations, et assez logiquement à leurs athlètes.

Itinéraire d’un cadeau embarrassant…

Considéré comme un objet de luxe (à sa sortie, le mobile était en effet commercialisé à plus de 1000 euros en Europe) et tombant de fait sous le coup des réglementations en vigueur, le Note 8 a donc posé problème au CIO qui a dû se résoudre à appliquer la loi et à ne pas offrir de phablettes aux sportifs des délégations iraniennes et nord-coréennes.

Une situation jugée « contraire à l’éthique » par la République Islamique d’Iran, qui n’a pas hésité à déclarer que cette affaire s’opposait à « l’esprit des Jeux olympiques ». Remonté comme jamais, le ministère iranien des Affaires étrangères s’en est directement pris à Samsung en déclarant que cette « décision malavisée » pourrait impacter les relations commerciales que l’Iran entretient avec la marque. Le porte-parole du ministère a par ailleurs ajouté : « Nous ne resterons pas silencieux face à l’insulte qui est faite à notre fierté nationale, à notre identité et à notre dignité« .

Embarqué malgré lui dans un micro incident diplomatique, Samsung a pour sa part déclaré auprès de Cnet ne pas être « responsable de la distribution des téléphones » et a précisé faire tout son possible pour que les quatre athlètes iraniens reçoivent leur exemplaire du smartphone dans les meilleurs délais.

Finalement, la réponse définitive à la polémique est venue du CIO lui-même, qui a pris le risque d’offrir malgré tout un Note 8 aux sportifs de la délégation iranienne – qui les ont refusés demandant des excuses publiques.

À noter que les athlètes nord-coréens ne sont pas logés à la même enseigne puisqu’il leur a été demandé de bien vouloir laisser le téléphone sur place au moment de rentrer chez eux. Un « prêt », en somme, qui a été décliné par l’ensemble des sportifs concernés. Contrairement à leurs homologues iraniens, ces derniers n’ont pas souhaité donner d’explications quant à ce refus.