Joe Biden signe une loi contre les technologies chinoises

Le départ de Donald Trump de la maison blanche aurait pu être le départ d’une nouvelle politique des États-Unis envers la Chine. Toutefois, les décisions prises par l’administration Biden depuis le début de cette année ne semblent pas aller dans ce sens. Celle-ci vient d’ailleurs de signer, le jeudi dernier, une loi qui prend clairement en grippe des géants chinois comme Huawei technologies et ZTE Corp. Ces deux entreprises ne peuvent plus désormais disposer de nouvelles licences d’équipement de la part des régulateurs américains. Une décision que ne renierait pas Donald Trump et qu’il aurait saluée s’il avait toujours le droit de twitter.

Crédit Zhou Songlin / Imaginechina via AFP

Une loi approuvée par la Chambre des représentants et le Sénat

La nouvelle loi votée est intitulée « loi sur les équipements ». Elle exige de la part de la Commission fédérale des communications de ne plus donner d’autorisation pour les équipements présentant un risque important pour la sécurité nationale.

Elle va même plus loin. La loi interdit même à la commission d’examiner ce type de demande. Pour Brendan Carr, commissaire de la FCC, la marche à suivre est très claire. Dans des propos recueillis par Reuters, il a déclaré que la loi permettrait d’empêcher que les équipements d’entreprises comme Huawei et ZTE ne soient plus utilisés sur les réseaux de communication en Amérique.

Il a également ajouté que sa commission avait approuvé de 2018 à ce jour plus de 3000 demandes de la part de Huawei. Ce qui ne serait donc plus désormais possible.

Pour qui connait la politique américaine, la promulgation de cette nouvelle n’est pas du fait du seul gouvernement Biden. Avant d’être signée par le président américain, elle est passée sur la table des représentants des différents états américains.

Le mieux que l’on peut dire est que le peuple américain est unanime sur la marche à suivre avec la Chine. Il faut sévir contre les entreprises chinoises de télécommunications et de technologie qui constituent des menaces sérieuses pour la sécurité.

Cette loi sur les équipements sécurisés a donc été approuvée à l’unanimité par les membres du Sénat américain le 28 octobre dernier. Plus tôt dans le même mois, c’était autour de la Chambre des représentants d’examiner la loi. Là aussi, la loi fut votée sans véritable résistance, 420 voix pour contre 4.

D’autres entreprises chinoises dans le collimateur

Huawei et ZTE ne sont pas les seules sociétés chinoises qui sont visées par la nouvelle loi américaine. Hytera Communications Corp, Hangzhou Hikvision Digital Technology Co et Zhejiang Dahua Technology Co vont également subir les rigueurs de la nouvelle législation.

Il faut dire que ces noms ne sont pas aujourd’hui cités au hasard. En mars 2021, la FCC avait déjà pointé du doigt ces cinq entreprises chinoises en les désignant comme des menaces pour la sécurité nationale. Une action menée dans le cadre de la loi de 2019 qui protège les réseaux de communication américains.

La commission ne s’était pas arrêtée là. Elle avait déjà voté en juin à l’unanimité, un plan qui devait interdire l’utilisation des équipements de ces entreprises chinoises dans les réseaux américains. Ceci, alors même que la loi sur les équipements était en cours d’élaboration.

Un vote qui d’ailleurs avait à l’époque déclenché la colère du gouvernement chinois. Par la voix du porte-parole de son ministère des affaires étrangères, Pékin avait accusé les États-Unis de toujours abuser de la sécurité nationale.

D’un autre côté, il faut souligner que les choses pourraient se compliquer davantage pour les cinq sociétés chinoises. En effet, dans les propositions faites par la FCC, il existe une clause permettant à la commission de révoquer les anciennes autorisations délivrées. Une option qui selon Huawei est « malavisée et inutilement punitive ».

Cette promulgation de loi intervient seulement quelques jours avant un sommet virtuel entre le président Biden et son homologue chinois, Xi Jinping. La rencontre prévue ce lundi vaudra le détour, tant les points de mésentente entre les deux puissances sont nombreux.