Les jumeaux identiques ne sont finalement pas si identiques que ça

On a cru pendant longtemps que les jumeaux identiques se ressemblaient en tout point. Une étude publiée dans la revue scientifique Nature Genetics a récemment faussé cette croyance. D’après les résultats de ces recherches qui ont été menées par une équipe de chercheurs islandais, les jumeaux identiques présenteraient des différences invisibles à l’œil nu.

Les mutations génétiques qui se produisent pendant le développement embryonnaire sont à l’origine de ces différences. Les chercheurs ont indiqué qu’en moyenne, les jumeaux identiques ont des génomes qui diffèrent de l’ordre de 5,2 mutations.

« Ce qui est le plus surprenant c’est que chez la plupart des paires de jumeaux, certaines mutations sont portées par presque toutes les cellules chez l’un des jumeaux, mais sont complètement absentes chez l’autre », a indiqué le professeur Ziyue Gao, de l’Université de Pennsylvanie.

Jumeaux
Crédits Pixabay

Les résultats de cette étude révèlent qu’environ 15% des paires de jumeaux identiques ont des ADN différents.

Une étude réalisée sur 387 paires de jumeaux

Cette étude a pu se faire grâce à l’étude des génomes de 387 paires de jumeaux. À l’issue de ces observations, l’auteur principal de l’étude Kari Stefansson, qui est également le directeur général de la compagnie deCODE genetics, a révélé que l’un des jumeaux pouvait porter entre 10 à 15 mutations différentes. Pour l’heure, les chercheurs ignorent dans quelle région du génome se produisent ces mutations.

Pour rappel, les jumeaux proviennent de la scission d’un œuf fécondé. La séparation des embryons se produit généralement entre le premier et le septième jour de la fécondation. Dans les cas les plus rares, la scission survient entre le huitième et le treizième jour.

Mieux comprendre les maladies qui touchent certains jumeaux

Les chercheurs ont émis l’hypothèse selon laquelle les jumeaux qui présentent le plus de différences génétiques sont ceux qui se sont séparés très tôt au moment de leur développement embryonnaire. Cela signifie que toutes les mutations que les jumeaux partagent se sont produites avant cette scission. Celles qui sont différentes ont eu lieu après.

Les scientifiques pensent que cette étude pourra leur permettre de comprendre les maladies qui touchent certains jumeaux. D’après Kari Stefansson, « le modèle classique est d’utiliser les jumeaux identiques pour aider à distinguer l’influence de la génétique de celle de l’environnement dans l’analyse des maladies. Donc si vous prenez des jumeaux identiques qui ont été élevés séparément et que l’un d’entre eux développe des troubles autistiques, l’interprétation classique est qu’ils sont provoqués par l’environnement. »

Il estime que « c’est une conclusion extrêmement dangereuse, car il existe la possibilité que la maladie soit due à une mutation génétique précoce survenue chez l’un des jumeaux. »

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