Kawah Ijen, l’étrange volcan à la lave bleue

Olivier Grunewald est un photographe passionné par la nature. Depuis trente ans, il explore les endroits les plus reculés de la planète afin de faire de rares photos. Ayant un intérêt particulier pour les volcans en éruption, il a dernièrement pris en photo les étranges flammes bleues du volcan Kawah Ijen, en Indonésie. Son aventure sur l’île de Java a fait l’objet d’un fascinant documentaire.

Décrites dans l’Antiquité par Pline l’Ancien comme marquant les portes de l’enfer, ces mystérieuses flammes bleues ont été photographiées pour la première fois. Ainsi, les rumeurs étaient vraies. Cette incandescence tout à fait inhabituelle pour un volcan s’échappe des fissures et du fond du cratère.

Volcan

Des œuvres d’Olivier Grunewald évoquant « le chaos de la jeune Terre jusqu’à l’apparition de la vie » peuvent actuellement être contemplées gratuitement à Paris, dans le jardin du Luxembourg. L’exposition de la série intitulée « Origines » prendra fin le 15 juillet prochain.

Des flammes bleues de 5 m de haut

Olivier avait entendu parler des flammes et des mineurs qui cherchent des minerais au bord du lac acide en 2008. En juin 2009, il a décidé d’aller sur les lieux afin de vérifier la véracité des rumeurs. Il a mis des semaines avant de découvrir que les légendes disaient vrai.

Il a d’abord trouvé des rivières de flammes bleues apparaissant entre les panaches de vapeur. En descendant vers le lac acide, il commença à entendre les voix des mineurs. Ces derniers étaient en train de transporter de lourdes charges de soufre. Fiers de leur travail, ils ont accepté d’être pris en photo.

Le lac qui s’est formé au centre du cratère est probablement le plus acide au monde, avec un pH de 0,2. Le fluide bleu est en fait le résultat de la combustion des gaz sulfuriques au contact de l’air à des températures dépassant les 220°C.

Le sommet du solfatare (une fumerolle rejetant d’importantes quantités de soufre) est à vingt mètres au-dessus du lac. A cet endroit précis, la température des gaz peut monter jusqu’à 600 °C et les flammes atteignent près de cinq mètres de hauteur.

Les hommes forts de Java

Ce cratère est le lieu de travail de trois cents mineurs. Ils sont payés en fonction du poids de soufre transporté. En dépit de l’effort exigé et des conditions extrêmes, un kilo ne rapporte qu’environ 5 centimes d’euros. Néanmoins, outre le fait que ce salaire de misère leur permet de payer les études de leurs enfants, ils sont fiers d’être « les hommes forts de Java ».