Kim Dotcom : l’extradition vers les Etats-Unis validée

La Haute Cour de Nouvelle-Zélande a rendu son verdict. Elle a en effet validé l’extradition de Kim Dotcom, le fondateur de Megaupload, vers les États-Unis. Les avocats de l’homme d’affaires se disent déçus, mais ils n’ont pas l’intention d’en rester là. Ils vont effectivement former un recours contre l’arrêt prononcé par la cour. Le feuilleton judiciaire n’est donc pas encore fini. Pas totalement, du moins.

L’affaire a commencé en 2012 lorsque la police néo-zélandaise a mené un raid au domicile de Kim Dotcom et de trois autres dirigeants de son entreprise : Finn Batato, Mathias Ortmann et Bram van der Kolk.

Extradition Kim Dotcom

L’étau se ressert autour de Kim Dotcom.

La police avait déployé à l’époque d’importants moyens techniques et humains afin de procéder à l’arrestation des quatre hommes.

Kim Dotcom et les États-Unis, une histoire qui remonte en 2012

L’unité antiterroriste néo-zélandaise avait effectivement été déployée sur place, avec le soutien de deux hélicoptères et de plusieurs dizaines de policiers. En parallèle, tous les sites de l’entreprise ont été fermés.

Kim Dotcom a passé plusieurs semaines sous les verrous avant d’être libéré sous caution un mois après son arrestation. Il n’avait cependant pas le droit de quitter son domicile, ni même de se connecter à Internet. En parallèle, les États-Unis ont déposé un dossier d’extradition afin de pouvoir juger le fondateur de Megaupload chez eux.

En avril, Kim a bénéficié d’un assouplissement de sa liberté conditionnelle et il a alors été autorisé à se connecter à Internet une heure par semaine.

Les semaines suivantes ont été assez mouvementées. En juin 2012, un juge de la Nouvelle-Zélande a effectivement estimé que la perquisition menée par la police néo-zélandaise était illégale. En septembre, le Premier ministre lui-même a reconnu que la police l’avait placé sur écoute en toute illégalité.

Kim Dotcom a ensuite lancé une nouvelle version de Megaupload et il a même sorti un album électro avant de développer une solution de messagerie chiffrée.

Le feuilleton juridique n’est pas terminé

Le département américain de la justice a toujours l’homme d’affaires dans son collimateur. La procédure d’extradition est toujours en cours et la justice néo-zélandaise semble être du côté du gouvernement américain. Après avoir validé l’extradition de Kim lors d’un jugement de première instance rendu en décembre 2015, c’est effectivement au tour de la Haute Cour de Nouvelle-Zélande de donner son feu vert.

Ron Mansfield, l’avocat de l’accusé, qualifie cette décision de décevante, mais il ne s’estime pas battu pour autant. Il compte en effet former un recours contre l’arrêt.

Il n’empêche que l’étau semble se resserrer pour Kim Dotcom. Malgré le changement de présidence, les États-Unis semblent bien décidés à lui mettre la main dessus et à le juger sur leur territoire.

Le fondateur de Megaupload risque gros pour sa part. La justice américaine l’accuse – lui et les trois autres accusés – d’avoir orchestré un pillage numérique à grande échelle et d’avoir causé plus d’un demi-milliard de dollars de pertes aux ayants droit. Il est donc accusé de fraude, de racket et de blanchiment d’argent.

Kim, de son côté, réfute fermement ces accusations. Il se voit en effet comme un entrepreneur du net et il accuse la justice américaine d’avoir lancé une vendetta appuyée par les studios hollywoodiens.

À sa décharge, il faut tout de même rappeler que Megaupload n’était pas le seul à faire dans le stockage de fichiers. En réalité, ces services sont même très répandus depuis quelques années, mais aucun d’entre eux n’a attiré l’attention des autorités comme celui de Kim Dotcom.

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