Kodi et ses extensions toujours dans le collimateur des ayants droit

Adam Lackman, un développeur de 30 ans, est soupçonné d’avoir utilisé la plateforme TVAddons pour accéder illégalement à des contenus protégés par des droits d’auteur. Son domicile a récemment été perquisitionné pendant plusieurs heures et ses ordinateurs confisqués pour les besoins de l’enquête. À l’arrivée des enquêteurs, Lackman était caché dans le placard, pensant qu’il avait affaire à des cambrioleurs.

La perquisition du domicile est intervenue suite aux plaintes de Bell, Rogers, Vidéotron et TVA. L’appartement a été fouillé de fond en comble de 8 heures du matin jusqu’à minuit. Les enquêteurs n’auraient rien trouvé, et ce même après avoir interrogé le suspect pendant 9 heures.

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Des experts judiciaires se demandent si cette opération n’était pas avant tout un coup de force des grandes entreprises qui sont par ailleurs soupçonnées par une partie du public d’abuser de leur position dominante.

Que sait-on vraiment de TVAddons ?

Il s’agit d’un site d’hébergement de plugins conçus pour Kodi, une plateforme open source utilisée pour animer des média centers ou pour diffuser des contenus en provenance d’Internet.

La solution fonctionne sur le même principe que Plex, avec davantage de flexibilité puisque le fonctionnement de Kodi peut être personnalisé à loisir par le biais d’extension.

Si la solution elle-même n’a rien d’illégal, les ayants droit la pointent de plus en plus du doigt et certaines associations l’accusent même de faciliter l’accès aux contenus protégés par les droits d’auteur au travers de certaines extensions bien précises.

Bien avant Lackman, plusieurs personnes ont été soupçonnées de vendre des boîtiers Kodi avec des applications permettant de contourner la protection des droits d’auteur. Durant l’été 2016, cinq vendeurs de boîtiers Kodi de ce genre ont été traduits en justice suite aux plaintes des mêmes entreprises qui ont obtenu la perquisition du domicile de Lackman.

Lackman nie tout en bloc

Le jeune développeur explique que les addons de son site sont conçus pour le streaming légal. Rien ne prouve, selon lui, que ces extensions ont pour but de faciliter l’accès aux contenus illégaux. Lackman reconnaît cependant un certain laisser-aller dans la gestion de sa plateforme.

La légalité des sources des vidéos mises en ligne par les utilisateurs ne serait presque jamais vérifiée.

Lackman réfute néanmoins toute responsabilité juridique. Le développeur pointe plutôt la responsabilité des utilisateurs de son site. Il se sent surtout indigné qu’on lui fasse un procès alors que son but était d’éviter les annonces ciblées, les popups, les logiciels malveillants et autres outils envahissants qu’on retrouve sur les pages web ou les plateformes spécialisés dans le téléchargement d’addons pur Kodi.

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