Kodinhi, le village aux jumeaux

Kodinhi, le « village des jumeaux », retient l’attention des chercheurs. Il est devenu célèbre grâce au fait que les naissances gémellaires y sont inhabituellement nombreuses. On y trouve la plus grande concentration de jumeaux au monde. Des scientifiques et des journalistes s’y sont récemment rendus afin de récolter quelques informations. Toutefois, le mystère n’est pas encore résolu.

La localité se situe dans l’État du Kerala, au sud-ouest de l’Inde.

Jumeaux

Crédits Pixabay

Elle compte aujourd’hui un millier de jumeaux pour une population dépassant à peine dix mille habitants. Le taux de naissance gémellaire en Inde est d’un pour cent contre dix à Kodinhi. Jusqu’à aujourd’hui, il continue d’augmenter.

L’équipe a été constituée de scientifiques de l’Université de Floride du Sud. Les recherches ont été dirigées par la Dre Lorena Madrigal.

Une impasse pour la communauté scientifique

Les données que les chercheurs ont pu recueillir ont été présentées lors de la quatre-vingt-huitième réunion annuelle de l’association américaine d’anthropologie physique, en février 2019.

Les chercheurs ont reconstitué les arbres généalogiques des habitants depuis 1860. Les hypothèses relatives aux mariages incestueux entre les membres de la même famille ont été écartées. La consanguinité pourrait être un élément déclencheur de naissance de jumeaux, alors que ce genre d’union était une tradition séculaire qui n’y est plus pratiquée.

Les recherches ont également permis d’abandonner certaines pistes, comme l’hypothèse d’une épidémie qui favorise le phénomène. Une des explications probables serait qu’un polluant se serait infiltré dans l’eau et aurait pu modifier l’ADN des habitants. Cependant, si cela se produisait à l’époque, ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Un médecin d’une ville voisine, le Dr Krishnan Sribiju, a déjà tenté de résoudre l’énigme en posant des questions très précises dans chaque famille. Le but de ses recherches serait d’élaborer un traitement contre l’infertilité. Il parle d’un « prodige », car « les concernés ne sont pas exposés à des médicaments ou des produits chimiques dangereux », a-t-il souligné.

Jusqu’ici, la communauté médicale n’a aucune explication à ce taux anormal de gémellité.

Chaque tenue doit être proposée en double

À l’école, la tâche des instituteurs n’est pas facile face à la trentaine de paires de jumeaux inscrites. De plus, les parents ont pris l’habitude de les donner des prénoms similaires. Les doyennes ont actuellement 65 ans et s’appellent Rifa et Ritha Ayesha.

« Ici, les commerçants ont dû s’adapter à la demande. Chaque tenue doit être proposée en double que ce soit pour les enfants ou pour les adultes », a rapporté Nicolas Bertrand, un envoyé spécial sur place.

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