La Californie adopte deux projets de loi pour lutter contre les contenus deepfakes

Les contenus deepfakes sont de plus en plus problématiques de nos jours. Pour rappel, le deepfake, traduit en français comme hypertrucage ou permutation intelligente des visages (PIV) est une technique de modification d’images basée sur l’intelligence artificielle. Il permet ainsi, entre autres choses, de remplacer, dans une vidéo, le visage d’une personne par une autre, ou même de faire dire à une personne des paroles qu’elle n’a jamais dites.

Ce fléau est particulièrement virulent en matière politique et pornographique en ce qu’il risque d’influencer sur le choix des électeurs au moment des élections, de discréditer un candidat et de mettre le blâme sur quiconque se trouve dans un contenu – vidéo, audio, photo – politique ou pornographique falsifié.

Crédits Pixabay

Pour lutter contre les ravages que peuvent faire les deepfakes politiques et pornographiques, la Californie a décidé d’adopter deux projets de loi sanctionnant ces types de contenus.

Les vidéos deepfakes politiques et pornographiques sont désormais interdites en Californie

Les deux projets de loi ont été approuvés par le gouverneur Gavin Newson le jeudi 3 octobre 2019 et ils ont pour objet de sanctionner les contenus deepfakes à caractère politique et pornographique. Le premier a pour objet de sanctionner la publication des vidéos deepfakes politiques qui usurpent le visage ou modifient les paroles d’un candidat dans le but de le discréditer. Le partage de ces types de contenus est ainsi illégal dans le délai de 60 jours avant une élection.

Quant au second projet de loi, il accorde aux citoyens de la Californie la possibilité de poursuivre en justice quiconque utilise leur image dans une vidéo pornographique en se servant de la technologie deepfake.

Les deepfakes sont de plus en plus convaincants

Si le gouvernement de la Californie a décidé d’agir face à l’ampleur des deepfakes, c’est parce que ces derniers sont de plus en plus sophistiqués à tel point qu’on a du mal à croire qu’ils ne sont pas vrais.

À titre d’exemple, sur le plan politique, plusieurs vidéos deepfake a circulé sur Facebook. L’une d’entre elles voulait mettre en scène la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi comme étant ivre lors d’un discours, une autre laissait entendre un discours improbable prononcé par l’ancien président des Etats-Unis, Barack Obama.

En matière pornographique, les créateurs de vidéos deepfakes le font tantôt pour le fun mais des fois aussi, pour le revenge porn. Parmi ces types de contenus, on avait pu voir une fausse vidéo pornographique de Scarlett Johanson qui avait atteint les 2 millions de vues.

Les internautes doivent être mis en alerte face aux contenus deepfakes

Dans un communiqué de presse, Marc Berman, le représentant de l’Assemblée de Californie, a averti face aux dangers des deepfakes. Selon ses propos rapportés par Engadget, la technologie deepfake est « un nouvel outil puissant et dangereux dans l’arsenal de ceux qui veulent mener des campagnes de désinformation afin de mettre la confusion parmi les électeurs ». C’est la raison pour laquelle il souligne qu’il est crucial que les électeurs sachent « quand la vidéo, l’audio et les images qui leur sont montrés pour tenter d’influencer leur vote lors d’une prochaine élection, ont été manipulées et ne représentent pas la réalité ».

Seulement, tout le monde n’est pas d’accord avec l’adoption de ces deux textes contre les contenus deepfakes. Pour l’American Civil Liberties Union, par exemple, c’est une atteinte à la liberté d’expression. Cette association ajoute également que « malgré les bonnes intentions de l’auteur, ce projet de loi ne résoudra pas le problème des vidéos politiques trompeuses » et que « cela ne fera que créer la confusion chez les électeurs et des litiges malveillants ».

 

source: https://www.engadget.com/2019/10/07/the-morning-after-california-cracks-down-on-political-and-porn/

Mots-clés deepfake