La Californie examine un projet de loi controversée sur la technologie de reconnaissance faciale

Mercredi 3 juin, The Verge nous rapporte qu’un député, Ed Chau, a présenté un projet de loi qui, s’il était adopté, fournirait un cadre juridique aux entreprises et aux agences gouvernementales pour utiliser légalement la reconnaissance faciale, à l’unique condition de prévenir les usagers et consommateurs au préalable.

Le projet de loi, présenté sous la référence « projet de loi de l’Assemblée 2261 », étendrait ainsi les possibilités d’utilisation de la reconnaissance faciale par l’Etat, y compris à des fins d’application de la loi.

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Si pour le député Ed Chau, le projet de loi est une « solution attendue depuis longtemps pour réglementer l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale par les entités publiques commerciales, étatiques et locales », la section californienne de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), une association à but non lucratif, a dénoncé les abus qui pourraient être faits à cause de ce projet de loi.

L’ACLU met en garde contre l’utilisation de la technologie de la reconnaissance faciale

Il est à noter que ce projet de loi a lentement progressé à travers l’Etat depuis février dernier et, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le projet de loi est examiné par la Commission des crédits de l’Assemblée. Selon les partisans de l’utilisation de la reconnaissance faciale, ce projet de loi est une mesure de confidentialité importante empêchant les utilisations les plus extrêmes des technologies largement disponibles.

Toutefois, les membres de l’ACLU en Californie du nord allèguent que le projet de loi, loin de régir l’utilisation de la technologie, ne ferait que l’élargir. Selon eux, le fait de fournir un cadre légal à l’utilisation de cette technologie saperait les interdictions absolues qui ont été mises en place dans certaines municipalités californiennes comme San Francisco, Oakland et Berkeley.

Un projet de loi dangereux et inutile ?

L’ACLU soutient également qu’il est facile pour les entreprises et agences gouvernementales de numériser le visage d’un utilisateur sans sa permission et sans répondre aux exigences minimales requises. L’avocat de l’ACLU, Matt Cagle, soutient même que :

Le projet de loi inviterait à utiliser la reconnaissance faciale pour refuser les soins de santé, le logement, les produits financiers et les nécessités de base. Tout ce qu’une entreprise aurait à faire, c’est de tenir un humain au courant (même si cet humain est un employé de l’entreprise). Au lieu de fournir une réelle protection aux Californiens, ce projet de loi mettra encore plus en danger les personnes de couleur les plus touchées par le Covid-19 et la violence policière.

Par ailleurs, ce n’est pas la première fois que l’utilisation de la reconnaissance faciale suscite débats et mécontentement. Loin s’en faut…