La Californie veut interdire les véhicules à combustion à l’horizon 2035

En Californie, le gouverneur Gavin Newsom pense très fort à un projet pour le moins ambitieux : enlever toute trace de voiture à combustion dans l’État d’ici 2035. Une décision prise au lendemain de sévères évènements climatiques qui ont obligé le gouverneur à admettre que la situation actuelle peut être qualifiée de réelle urgence climatique.

Cet ordre exécutif signé par Newsom est le premier  du genre visant à concrètement diminuer l’usage de véhicules fonctionnant aux énergies fossiles dans l’État de la Californie. L’application de cette décision nécessitera évidemment des mesures d’accompagnement, mais le gouverneur est confiant, l’Air Ressources Board, l’Agence pour la qualité de l’air de la Californie ira dans son sens.

La ville de Los Angeles (Californie) sous le smog

Photo de David Mark. Crédits Pixabay

Il faut dire qu’il est assez légitime pour l’État californien de se résoudre à une diminution des sources de gaz polluants. En effet, 40 % des émissions de ses gaz à effet de serre qui y sont enregistrées proviennent des véhicules et du transport. Une initiative qui n’est cependant pas bien accueillie par tout le monde.

Les directives de Newsom réveillent pas mal de contestations

La démarche du gouverneur suscite entre autres les appréhensions des acteurs économiques du domaine automobile. Ces derniers affirment que le représentant élu ne devrait pas avoir le droit d’établir des restrictions qui définissent quelles voitures sont autorisées à être commercialisées dans l’État et lesquelles ne le sont pas.

En effet, la situation est propre à donner des privilèges aux constructeurs comme Tesla, et cela génère le mécontentement de ceux qui prônent une saine concurrence. Par ailleurs, l’ordonnance signée par Gavin Newsom n’affecte pas uniquement les constructeurs automobiles, mais également les services de transport et les compagnies d’hydrocarbures. Ce que ces derniers voient d’un très mauvais œil.

Pour tempérer, Don Anair, chercheur et membre d’un groupement scientifique soucieux de l’environnement, tient toutefois à souligner que l’affirmation « toute personne vivant en Californie se doit d’avoir des moyens de locomotion propres » ne veut pas dire que tout le monde se doit d’adopter une voiture électrique.

Il y a d’autres alternatives, comme les transports en commun, les bicyclettes, ou tout simplement, la marche.

Appliquer cette décision ne sera pour autant pas chose aisée

Pour aller dans le sens de cette décision, l’administration californienne aura certainement fort à faire entre la rédaction des lois et le règlement des potentielles tensions avec les producteurs automobiles et les fournisseurs de services liés de près ou de loin à l’utilisation d’hydrocarbures.

À part cela, il lui faudra aussi travailler sur des mesures d’accompagnement comme l’aménagement et la construction des infrastructures et des stations pour la recharge et la maintenance des voitures électriques.

Enfin, il faudra gagner la confiance des habitants pour qu’ils acceptent de bon gré d’entrer dans le monde de l’électrique. D’autant qu’outre Atlantique, la relation de la population avec leurs bonnes vieilles voitures à combustion est on ne peut plus forte.

Par ailleurs les véhicules électriques coûtent pour le moment plus cher que les voitures à combustion. Mais avec les récentes bonnes nouvelles du côté de Tesla, la transition vers l’écologique est peut-être sur la bonne voie.