La chanteuse Duffy juge Netflix “irresponsable” d’avoir mis en ligne le film “365 Days”

Très populaire sur Netflix depuis sa mise en ligne, le film polonais 365 Days fait notamment parler de lui pour sa dépiction du trafic sexuel. La chanteuse Duffy, qui a récemment révélé avoir été violée et séquestrée plusieurs jours durant, vient d’adresser à la plate-forme une lettre ouverte dans laquelle elle dénonce la décision d’avoir mis ce film en ligne.

365 Days, ou 365 Dni dans sa version originale, est un film polonais adapté de la première partie d’une trilogie littéraire. Un long-métrage signé Barbara Białowąs et Tomasz Mande qui a d’abord été projeté dans les salles de cinéma de Pologne avant de bénéficier d’une diffusion internationale via la plate-forme Netflix.

365 Days raconte l’histoire d’une jeune femme qui se retrouvé emprisonnée par un chef de la mafia sicilienne. Ce dernier lui donne un an pour tomber amoureuse de lui. Après des débuts particulièrement prometteurs sur sa terre natale avec ainsi 8 millions de dollars de recettes engrangées, le film a été parmi les plus vus sur Netflix dans plusieurs autres pays lors de sa sortie en juin.

Sexuellement abusée, la chanteuse Duffy adresse à une lettre ouverte à Netflix pour “365 Days”

En avril dernier, la chanteuse Duffy révélait dans un post de blog avoir été violée, droguée et séquestrée des jours durant. La distribution de 365 Days lui pose aujourd’hui problème dans la mesure où ce film cherche à rendre séduisants des aspects condamnables du sexe.

Dans une lettre ouverte adressée à Reed Hastings, PDG de Netflix,  et que l’on peut lire en intégralité sur Deadline, Duffy dénonce l’irresponsabilité de la plate-forme dans la décision de mettre en ligne ce long-métrage :

“Aujourd’hui, je ne sais vraiment pas quoi penser, dire ou faire, si ce n’est vous tendre la main et vous expliquer dans cette lettre combien il était irresponsable de la part de Netflix de diffuser le film “365 Days”. Je ne veux pas être dans cette position pour devoir vous écrire, mais la vertu de ma souffrance m’y oblige, à cause d’une expérience violente que j’ai endurée, du genre de celle que vous avez choisi de présenter comme ‘érotisme adulte’.

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‘365 Days’ glorifie la réalité brutale du trafic sexuel, des enlèvements et des viols. Ce n’est pas l’idée que l’on se fait du divertissement, et ça ne doit pas non plus être décrit comme tel, ni être commercialisé de cette manière.”

L’artiste mentionne ensuite des chiffres :

“J’écris ces mots (ceux que je ne peux pas croire que j’écris en 2020, avec tant d’espoir et de progrès réalisés ces dernières années), car on estime que 25 millions de personnes sont actuellement victimes de la traite dans le monde, sans parler du nombre incalculable de personnes non recensées. Veuillez prendre un moment pour vous arrêter et réfléchir à ce nombre, qui équivaut à près de la moitié de la population de l’Angleterre. Et parmi les victimes de la traite des êtres humains chaque année, pas moins de 80 % sont des femmes et des jeunes filles, et 50 % d’entre elles sont mineures.”

Le retrait du film n’est pas demandé de manière explicite, et si l’on arrive à lire entre les lignes, Duffy semble davantage appeler à une remise en contexte de l’œuvre et à ce que le public s’informe sur les sujets abordés dans 365 Days. À voir si cette affaire se conclura avec, comme pour la représentation de la population noire au cinéma, une introduction explicative au film.

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