La Chine a une dent contre l’ASMR

Le bureau anti-pornographie chinois a fait une annonce surprenante le vendredi 8 juin 2018 en déclarant que les vidéos ASMR ou Autonomous Sensory Meridian Response seraient désormais interdites sur les plateformes chinoises de streaming vidéo.

Cette décision est due au fait que le bureau anti-pornographie considère que ces contenus sont à la fois vulgaires et à caractère pornographique.

Les vidéos ASMR font référence à des sons émis par des personnes caressant, tapotant ou chuchotant dans un microphone. Ces sons peuvent aussi être des bruits de mastication d’aliments dont le but est d’aider leur auditoire à dormir ou se relaxer. Toutefois, certaines de ces vidéos impliqueraient selon les autorités chinoises du contenu sexuel.

La communauté chinoise a souvent pris ses distances par rapport à ce genre de contenu. Cette décision sonne définitivement le glas sur l’accès de ces vidéos ASMR sur le territoire chinois.

Une décision générale pour une mesure drastique

Bien que le bureau anti-pornographie ait interdit tout contenu ASMR vulgaire et pornographique, celui-ci n’a pas donné de détails exacts sur les sons qui entraient dans cette catégorie. Le bureau a pourtant fait appel aux organismes d’application de la loi pour sanctionner toute plateforme chinoise de streaming vidéo qui irait à l’encontre de cette décision.

Les plateformes de streaming vidéo en Chine comme Youku, Bilibili et Douyu ont alors retiré toutes les vidéos ASMR, sans exception, de leurs plateformes. À l’heure actuelle, une recherche du mot-clé “ASMR” sur ces sites ne donne plus aucun résultat.

Les auditeurs ASMR réagissent

Il s’avère que la majorité des auditeurs de contenus ASMR était des jeunes. C’est pourquoi le bureau anti-pornographie chinois incite les sociétés à sélectionner, filtrer et contrôler avec soin tous les contenus qu’elles mettent sur leurs sites afin de protéger les mineurs de tout contenu préjudiciable.

Un article paru en 2015 sur les abonnés aux médias ASMR a montré que 82% des auditeurs utilisaient ces contenus pour les aider à dormir, 70% pour se détendre et seulement 5% comme stimulant sexuel.

Plusieurs auditeurs de contenus ASMR se sont plaints de la décision sur le réseau social chinois Weibo en se demandant comment ils allaient arriver à dormir maintenant. Certains ont déploré la fermeture d’esprit de la communauté chinoise tandis que d’autres spéculent déjà sur les prochaines interdictions qui seront prononcées par le gouvernement chinois.