La Chine aurait utilisé les Ouïghours pour produire des masques

La Chine se trouve actuellement au cœur d’un nouveau scandale. Le 19 juillet 2020, le New York Times a révélé que les masques fabriqués sur le territoire chinois seraient les produits du travail forcé des Ouïghours. Il est à noter qu’en Chine, cette communauté musulmane est victime de persécution depuis de nombreuses années.

Le New York Times a réuni de nombreuses preuves pour étayer ses dires. En plus des vidéos et des photographies, le magazine a eu accès à des documents gouvernementaux et a effectué des suivis de cargaisons, qui lui ont permis d’affirmer que des milliers d’Ouïghours sont obligés de travailler au sein des usines de fabrication d’équipement de protection individuelle.

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Dans son enquête, le New York Time a aussi mis l’accent sur le fait que le nombre des entreprises qui produisent des masques en Chine a explosé depuis la pandémie. Une grande partie d’entre elles seraient à l’origine du travail forcé des Ouïghours.

17 entreprises qui participent au programme de rééducation des Ouïghours

Il faut savoir qu’en Chine, les Ouïghours sont obligés de se soumettre à un programme de rééducation par le travail, dans les camps du Xinjiang. En se basant sur les chiffres de l’Administration chinoise des produits médicaux, le New York Times a découvert qu’au moins 17 des 51  entreprises qui produisent des masques en Chine tirent profit de ce programme. Avant la pandémie, il n’y avait que 4 entreprises qui fabriquaient des masques à Xinjiang.

Un porte-parole de la Chine a défendu ce programme de rééducation par le travail à travers un communiqué. D’après lui, cela aide « les résidents locaux à surmonter la pauvreté grâce à l’emploi et à mener une vie épanouissante. »

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Des entreprises sur la liste noire des États-Unis

Les États-Unis ont réagi à la publication de l’enquête menée par le New York Times. Le 20 juillet 2020, le département américain du Commerce a placé 11 entreprises chinoises dans sa liste noire économique.

Ce département a publié un communiqué pour expliquer sa décision :

« Ce sont des entreprises impliquées dans des violations des droits de l’Homme liées à la mise en œuvre de la campagne de répression, d’incarcération de masse, de travail forcé, de collecte involontaire de données biométriques et d’analyses génétiques, visant les minorités musulmanes de la région autonome Ouïghour du Xinjiang. »

En France, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a condamné cette pratique qu’il juge « révoltante » et « inacceptable. »

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