La Chine en a fini avec le travail forcé des travailleurs et travailleuses du sexe

En Chine, la prostitution est illégale. Pourtant, il s’agit d’un phénomène répandu dans le pays. L’Empire du Milieu compte environ un million de travailleurs du sexe. Depuis longtemps, la Chine a appliqué un système appelé « détention et éducation ». La loi prévoyait que les prostituées et leurs clients s’acquittent d’une amende allant jusqu’à 5.000 yuans (environ 639 €) et d’une détention administrative de plusieurs jours, voire plusieurs années.

Durant la période de détention, les prostitués ou leurs clients étaient amenés à fabriquer des jouets et des articles ménagers à des fins dites « éducatives ».

De l'argent contre de l'amour

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Or, une étude réalisée par l’ONG Asia Catalyst en 2013 a révélé que le système ne permettait pas aux prostitués d’acquérir réellement des compétences suffisantes pour changer de travail.

Sous la pression de l’opinion publique, le parlement chinois a finalement mis fin au système le 29 décembre dernier. Néanmoins, la prostitution reste illégale dans le pays.

Un pas positif vers la protection des droits des personnes marginalisées

D’après Shen Tingting, responsable de l’organisation Asia catalyst, une organisation qui milite pour le respect des droits des communautés marginalisées, a rapporté différents cas de maltraitance. Certaines personnes auraient été retenues parfois jusqu’à deux ans. Elles subissaient du travail forcé, des violences policières, des tests obligatoires contre les maladies sexuellement transmissibles, des humiliations et des violences physiques.

Pour la militante, l’abolition de ce système constitue « un pas positif ». Toutefois, elle a noté que la lutte est encore loin d’être terminée. « La loi en Chine met l’accent sur l’interdiction et la répression… au lieu de fournir un cadre pour assurer la santé et la sécurité des travailleurs du sexe en tant que professionnels », a-t-elle souligné.

Un système qui a duré 20 ans

La nouvelle disposition légale stipule que les personnes actuellement en détention dans les centres seront immédiatement libérées.

Le système de « détention et éducation » a été introduit par une loi qui date d’il y a vingt ans. Les médias d’État chinois ont soutenu que cette disposition a contribué à maintenir une « bonne atmosphère sociale et l’ordre public » durant ces deux dernières décennies.

Or, l’étude effectuée par l’ONG Asia Catalyst, qui incluait des entretiens avec 30 participants de deux villes différentes, a révélé que « tous les professionnels de sexe que nous avons interviewés sont retournés au travail du sexe immédiatement après leur libération ».

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