La Chine s’apprêterait à lancer une enquête antitrust sur Google

Mercredi 30 septembre 2020, Reuters nous informe que la Chine se prépare à lancer une enquête antitrust sur Google en raison d’allégations selon lesquelles la firme technologique aurait profité de la domination de son système d’exploitation Android pour nuire à ses concurrents.

Selon les sources anonymes de Reuters, c’est Huawei qui aurait soulevé ces allégations en 2019. Le principal régulateur du marché de la Chine aurait ensuite soumis l’affaire au comité antitrust du Conseil d’État pour examen qui pourrait décider d’ouvrir une enquête formelle sur Google dans le courant de ce mois d’octobre.

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Cette enquête entrerait également dans le cadre des tensions actuelles entre la Chine et les Etats-Unis, ces derniers cherchant à boycotter plusieurs entreprises chinoises qui, selon eux, représentent un danger pour la sécurité nationale.

A l’instar des Etats-Unis, la Chine commencera-t-elle à devenir critique sur les entreprises américaines ?

Les Etats-Unis ont effectivement mis Huawei sur sa liste noire commerciale et a menacé d’en faire de même avec l’entreprise chinoise Semiconductor Manufacturing International. Le sujet chaud du moment porte sur la pression qu’exerce les autorités américaines sur ByteDance pour céder la propriété du réseau social TikTok.

Le fait que Huawei figure sur la liste noire du Ministère du Commerce des Etats-Unis interdit également à Google de permettre aux nouveaux smartphones Huawei d’accéder à ses services alors que la plupart d’entre eux utilisent le système d’exploitation Android. Bien que Google ait disposé auparavant d’une licence qui lui permettait de traiter avec Huawei, sa licence a expiré en août dernier.

La dépendance de Huawei envers Google lui aurait fait perdre 12 milliards de dollars

De son côté, la Chine a décidé d’émettre plus de lois antitrust, assujettis à de fortes amendes, qui lui permettent de juger du contrôle d’une entreprise sur un marché. En cas d’ouverture de l’enquête sur Google, les régulateurs chinois examineront si les accusations sur la domination de Google sont avérées. Huawei a affirmé, pour sa part, que les sanctions américaines lui ont causé un manque à gagner de 12 milliards de dollars de revenus en 2019.

Pour surmonter cette dépendance à l’égard de Google, Huawei a déjà annoncé qu’il introduirait son système d’exploitation exclusif Harmony OS dans ses smartphones à partir de 2021. En tout cas, en matière d’accusations pour pratiques anticoncurrentielles, Google a déjà un passif. L’Union européenne l’a effectivement jugé coupable en 2018 pour avoir forcé les fabricants de smartphones à préinstaller ses propres applications et à empêcher l’installation des applications de ses rivaux. À cette époque, la firme technologique a dû s’acquitter d’une amende de 4,3 milliards d’euros.

La Chine ouvrira-t-elle une enquête et si oui, que découvrira-t-elle et quelles sanctions elle décrétera contre Google ? L’avenir nous le dira.