La Chine suspend la délivrance des licences pour les jeux vidéo

D’emblée, il ne faut pas y voir une possible rétorsion à la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis. Les autorités chinoises sont obsédées à l’idée de tuer dans l’œuf toute forme de dissension politique ou du moins, de limiter l’influence des idées défavorables au régime. Le gouvernement chinois est convaincu que certains opposants utiliseraient à des fins politiques des jeux, notamment par la violence et le sexe.

Officiellement, cette suspension est justifiée par la nécessité de réorganiser les différents départements de l’agence de régulation des jeux vidéo. Cette décision vient en tout cas ébranler les perspectives de nombreux acteurs du secteur.

La Chine est le plus grand marché du monde des jeux. Selon une étude réalisée par Newzoo, les revenus générés par les smartphones et les jeux vidéo sont estimés à 37.9 milliards de dollars.

Le secteur des jeux vidéo pris en otage

Personne ne sort gagnant de cette décision des autorités chinoises si ce n’est peut-être le gouvernement lui-même. Sauf que l’obsession – ou peut-être la paranoïa – des pouvoirs publics fait mal aux petits développeurs qui attendaient leurs licences. Leur santé financière se retrouve fragilisée du jour au lendemain.

La suspension a aussi des impacts chez les grands acteurs du secteur. C’est le cas notamment de Tencent Holdings Ltd. La multinationale a déjà perdu 150 milliards de dollars de capitalisation boursière, une première depuis le pic record du mois de janvier.

Une procédure d’approbation plus stricte que jamais

La procédure chinoise est l’une des plus strictes au monde, mais les entreprises s’en sont accommodées. Ces sociétés se sont habituées à l’enlisement de l’approbation des jeux ou à d’autres mesures de suspension antérieure. Elles sont néanmoins surprises que les pouvoirs publics aient décidé de rendre la décision publique cette fois.

La mesure est politique, coïncidant à un remaniement gouvernemental en début d’année alors que le président chinois consolide son pouvoir. Les agences en charge de la régulation des jeux n’ont pas délivré de licences depuis quatre mois suite à des restructurations de leurs attributions, mais également à des changements massifs de personnel.

Pour le moment, personne ne dispose d’alternatives pour contourner ou éviter une telle situation.