La Chine veut construire une centrale solaire en orbite terrestre

La Chine développe un lanceur super lourd pour ses futurs projets spatiaux. Celui-ci devrait notamment servir dans le cadre d’un programme de mise en place d’une centrale solaire en orbite terrestre.

La République populaire de Chine veut apparemment devenir un acteur majeur de l’industrie spatiale. Les programmes d’exploration de planètes autres que la nôtre font aujourd’hui partie de ses priorités. En 2019, elle a par exemple réussi à poser un rover sur la face cachée de la Lune. Plusieurs mois plus tard, la Chine a ramené sur Terre des échantillons de notre unique satellite naturel, une première depuis près de 40 ans. Après les États-Unis, elle est devenue la deuxième nation à poser un engin sur Mars. Le pays multiplie ses programmes d’exploration pour démontrer sa capacité technologique en termes de conquête spatiale.

La Terre vue de l'espace
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À noter que la construction d’une centrale solaire orbitale ne constitue pas le seul projet d’envergure envisagé par les Chinois. Ils veulent également implanter une base de recherche lunaire habitée. Pour ces deux programmes, Pékin prévoit d’utiliser un lanceur super lourd pour la logistique.

L’énergie solaire sans les contraintes saisonnières et atmosphériques

Longue Marche 9 est la désignation du lanceur super lourd chinois. L’engin a obtenu l’approbation officielle du gouvernement le printemps dernier. Il a fait l’objet de plusieurs années d’études et de développement. Selon Long Lehao, le directeur de développement des lanceurs Longue Marche, le design de la fusée a été revu à plusieurs reprises. Ces améliorations devraient lui permettre de transporter jusqu’à 130 tonnes de fret en orbite terrestre basse et jusqu’à 50 tonnes en orbite lunaire.

Plusieurs lancements de la fusée Longue Marche 9 devraient permettre de construire une centrale solaire spatiale à une altitude de 35 786 km, c’est-à-dire en orbite géostationnaire. Le projet viserait à établir une grande zone de collecte permanente d’énergie solaire. Cela sans que l’atmosphère ou les changements de saison n’affectent la quantité d’énergie récupérée. L’énergie convertie serait ensuite transmise vers la Terre au moyen de micro-ondes ou de lasers. Le projet est censé fournir de l’énergie renouvelable à grande échelle.

La station solaire orbitale commencerait par un test de production d’énergie à petite échelle en 2022. L’installation spatiale produirait ensuite de l’électricité de l’ordre du mégawatt à partir de 2030. La production commerciale d’électricité de l’ordre du gigawatt est prévue pour 2050. Cela nécessiterait plus de 100 lancements de fusée et environ 10 000 tonnes de matériel à assembler en orbite.

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Un projet initié en 2008

L’idée d’une centrale solaire spatiale, la Chine n’est pas la seule à y avoir pensé. Des pays comme le Japon et les États-Unis envisagent le même concept. Néanmoins, l’Empire du Milieu est la première nation à sauter le pas. Pour rappel, la Chine avait classé la collecte d’énergie solaire dans l’espace comme programme de recherche clé en 2008.

L’Académie chinoise de technologie spatiale (CAST) teste le concept depuis 2019. À ce propos, une base d’essai a été construite dans la municipalité de Chongqing pour la recherche sur la transmission d’énergie sans fil à haute puissance.

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