La clé de la vie sur Mars se trouve peut être sous notre plancher océanique

Chaque fois que les scientifiques trouvent la vie microbienne en train de prospérer dans un environnement extrême sur Terre, cela leur donne l’espoir de trouver également de la vie ailleurs dans l’espace.

Des chercheurs viennent justement de découvrir des milliards de bactéries vivant dans l’un des environnements les plus improbables pour la vie sur Terre. Et ils pensent que la vie pourrait se cacher dans des environnements similaires sur Mars.

Mars comme nous l'avons rarement vue. Crédits : NASA

Mars comme nous l’avons rarement vue. Crédits : NASA

La vie prolifère aussi dans la roche du plancher océanique

Depuis près de 3,8 milliards d’années, les volcans sous-marins libèrent de la lave à 1200°C qui se solidifie en roche basaltique au contact des profondeurs froides de l’océan. Et c’est cette roche basaltique qui forme la croûte océanique supérieure de la Terre, appelée plancher océanique. Les évents hydrothermaux le long de ce plancher océanique favorisent la prolifération de bactéries et d’autres formes de vie qui savent convertir les minéraux en énergie plutôt qu’en lumière.

Jusqu’à présent, les scientifiques se sont intéressés à des systèmes bactériens vieux de 3,5 à 8 millions d’années. Mais ils ne représentent que 10% du fond de l’océan, les 90% restant sont beaucoup plus anciens. Dans le cadre de leur nouvelle étude, le professeur agrégé au Département des sciences de la terre et des planètes de l’Université de Tokyo, Yohey Suzuki, et ses collègues se sont plutôt intéressés à des échantillons de lave basaltique vieux de 33 et 104 millions d’années.

Pour ce faire, ils ont dû aller chercher jusqu’à plus de 14 km sous la surface de l’océan pour atteindre le plancher océanique dans une zone située entre Tahiti et la Nouvelle-Zélande. Puis ils ont creusé une centaine de mètres supplémentaires sous le plancher pour analyser de minuscules fissures dans les roches volcaniques. C’est alors qu’ils ont découvert une prolifération incroyable de vie microbienne unicellulaire dans ces minuscules fissures de roche particulièrement riches en fer et en argile. Les scientifiques ont estimé environ 10 milliards de cellules bactériennes vivant par centimètre cube dans ces fissures de roche. En comparaison, les bactéries qui vivent par exemple dans la boue le long du fond marin sont estimées à environ 100 cellules par centimètre cube.

Les chercheurs pensent que la prolifération de ces grandes colonies de bactéries est favorisée par la teneur en fer de l’argile qui se trouve en profondeur sous le plancher océanique. Et cela leur donne l’espoir de retrouver également des formes de vie similaires dans des fissures de roches martiennes remplies d’argile, ou sous la surface de la planète rouge.

Une nouvelle avancée dans la recherche de la vie extraterrestre

C’est le refroidissement de la lave qui crée les fissures dans les roches du plancher océanique. Ces fissures de moins d’un millimètre de diamètre sont ensuite progressivement remplies d’argile infusée de minéraux, créant ainsi un environnement idéal pour le développement des bactéries.

Sur Mars il existe également de l’argile, c’est d’ailleurs l’une des choses que recherche activement le rover Curiosity de la NASA depuis son atterrissage sur la planète rouge en 2012. Le rover explore à cet effet le cratère de Gale, que les scientifiques soupçonnent d’avoir été rempli d’eau il y a des milliards d’années. L’objectif de l’agence spatiale est maintenant d’explorer ce cratère à la recherche de traces de vie microbienne qui aurait peut-être existé un jour sur Mars.

Curiosity a déjà découvert des échantillons de roches riches en argile dans le cratère de Gale. Les scientifiques doivent maintenant vérifier si les minéraux argileux présents dans les roches à la surface de Mars sont similaires à ceux des fissures rocheuses océaniques sur Terre. Mais pour ce faire, il faudra attendre que des échantillons de roche prélevés sur la planète rouge reviennent sur Terre. L’équipe de Suzuki travaillera alors en collaboration avec les chercheurs du Johnson Space Center de la NASA pour réaliser les analyses nécessaires.

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