La drôle de découverte faite au sujet des météorites échouées sur Terre

Il y a du nouveau du côté des spécialistes en météorites. Des scientifiques ont en effet découvert que les roches spatiales tombaient sur Terre d’une manière plutôt inattendue, et ce au cours de ces derniers 500 millions d’années. Après avoir analysé près de 8 484 kg de roches sédimentaires se trouvant au fond des océans, les scientifiques ont découvert que les collisions majeures qui se sont produites dans la ceinture d’astéroïdes ne contribuaient pas tellement aux impacts de météorites sur Terre comme on le pensait.

Selon le géologue Birger Schmitz de la Lund University en Suède, la communauté scientifique pensait que le flux de météorites arrivant sur Terre avait un lien avec les événements dramatiques qui ont lieu dans la ceinture d’astéroïdes. Cette nouvelle étude, cependant, montre que ce flux a plutôt été très stable.

Un astéroïde filant vers la Terre - image d'illustration
Crédits Pixabay

D’après les spécialistes, il n’est pas facile de retracer l’historique des météorites sur Terre. Il est rare qu’il y ait des impacts de roches larges laissant des cratères, la plupart des météorites se brisent en rentrant dans l’atmosphère. Ce sont les débris produits par ces désintégrations que Schmitz et ses collègues ont essayé de retrouver. Ces débris sont préservés dans les couches sédimentaires de la croûte terrestre.

Le déroulement des analyses

Les chercheurs sont allés en Chine, en Russie et en Suède pour extraire des milliers de kilogrammes de calcaire dans les fonds marins. Les échantillons collectés représentent 15 périodes différentes dans l’Eon Phanérozoïque. Ces échantillons ont été dissouts dans l’acide, ce qui permet d’extraire les spinelles de chrome.

Ce sont des petites pièces d’oxyde de chrome qui sont des minéraux résistant à la dégradation et qu’on retrouve dans les météorites.

Selon Schmitz, ils ont extrait de l’oxyde de chrome d’environ 10 000 météorites différentes. A l’aide d’analyses chimiques, ils ont ensuite pu déterminer les différents types de météorites représentés par les grains.

D’après les résultats obtenus, le flux est stable, constitué en majorité de météorites chondritiques, c’est-à-dire non-métalliques, ce qui est similaire au flux que l’on observe de nos jours. La seule exception est une augmentation de ce type de météorite il y a 466 millions d’années, associée à l’éclatement d’un parent L-chondrite, un type de météorite pauvre en fer. A ce moment-là, le flux de météorites a augmenté d’un facteur allant jusqu’à 300, et 99 % des grains provenaient de ce parent. Aujourd’hui encore, environ un tiers de toutes les météorites tombant sur Terre proviennent de ce parent.

Des résultats surprenants

Ces résultats suggèrent que les astéroïdes qui quittent la ceinture d’astéroïdes se trouvant entre Mars et Jupiter semblent venir d’une toute petite région. Schmitz explique qu’ils ont été très surpris de savoir que seulement une parmi les 70 collisions d’astéroïdes les plus importantes au cours de ces derniers 500 millions d’années a conduit à une hausse du flux de météorites sur Terre.

Pour le moment, on ne connait pas les raisons de ces résultats, mais ils peuvent nous aider à comprendre quels genres d’objets sont les plus susceptibles d’entrer en collision avec la Terre et d’où ils peuvent venir.

Selon Schmitz, un futur impact, même celui d’un petit astéroïde dans la mer près d’une zone habitée, peut avoir des conséquences désastreuses. Cette étude offre ainsi une meilleure compréhension de ces phénomènes que l’on peut utiliser pour éviter des désastres. On peut par exemple tenter d’influencer la trajectoire des objets en approche.

Mots-clés météorites