La drôle histoire de Bob Lazar, de la Zone 51 et du “carburant alien”

D’après les ufologues, le gouvernement américain cache dans la Zone 51, au Nevada, des aliens et des technologies extraterrestres. L’un d’entre eux en particulier, Bob Lazar, dit avoir lui-même travaillé dans la Zone 51 et vu les preuves de la présence d’extraterrestres. Il affirme notamment avoir travaillé sur un mystérieux élément, un genre de “carburant alien”, dont il aurait dérobé une petite quantité avant de partir de la Zone 51.

Et ce fameux élément serait la raison de la perquisition de son entreprise par le FBI en 2016.

Un panneau de la Zone 51

Crédits Pixabay

Sauf que des informations obtenues par le site Motherboard sur cette affaire racontent une toute autre histoire.

L’Elément 115, un carburant alien qui serait caché dans la Zone 51

Robert “Bob” Lazar est aujourd’hui l’un des personnages les plus influents (et controversés) dans toute la sphère UFO. L’histoire de Bob Lazar et des extraterrestres commence le 24 mai 1989 lors d’une interview en direct avec le journaliste d’investigation George Knapp sur KLAS-Las Vegas. Sous le pseudonyme de “Dennis” et en dissimulant son identité, Lazar avait alors déclaré que, dans une section top-secrète de la zone 51 appelée “S4“, il avait travaillé sur un vaisseau extra-terrestre capturé par le gouvernement américain. Des mois plus tard, en révélant cette fois son identité, il déclara que le gouvernement américain le traquait secrètement, qu’il s’était fait tirer dans les pneus et que tous ses dossiers scolaires avaient été effacés de CalTech et du MIT.

À cette occasion, Lazar affirma que lorsqu’il se trouvait dans la zone 51, son travail consistait à faire de l’ingénierie inversée sur un matériau extraterrestre appelé « élément 115 » qui selon lui servait à propulser les vaisseaux spatiaux extraterrestres. Il a par ailleurs laissé entendre qu’il avait pris un échantillon de l’élément 115 de la zone 51 et que cet élément présentait un grand intérêt pour le gouvernement fédéral.

“C’est un élément très lourd”, a t-il déclaré à Larry King. “C’est un élément unique. Lorsqu’il est exposé à des radiations, il produit son propre champ gravitationnel, son propre champ antigravitationnel, et c’est ce qui est utilisé pour soulever et propulser l’engin.”

Au cours des années qui ont suivi, Lazar s’est montré plutôt discret et en a profité pour créer une entreprise de fournitures et d’équipements scientifiques appelée United Nuclear Scientific, basée au Nouveau-Mexique, puis au Michigan (et bientôt dans l’Oregon). Un coup d’œil rapide sur le site Web de la société, et on peut voir qu’elle a un penchant pour le côté exotique et potentiellement dangereux de la science (minerai radioactif, nitrate d’ammonium, uranium…).

Mais 30 ans après sa première déclaration sur la zone 51, Lazar et United Nuclear Scientific se sont retrouvés au cœur d’une nouvelle affaire qui selon les théoriciens du complot est liée à l’élément 115.

Une affaire de meurtre par empoisonnement au sulfate de thallium

En 2016, alors que Lazar et le réalisateur Jeremy Kenyon Locklear Corbell préparaient un documentaire sur la vie de Lazar, United Nuclear Scientific a été perquisitionné par le FBI et la police locale. Lazar et ses partisans ont trouvé cela très suspect et, d’après eux, le FBI cherchait à récupérer des échantillons de l’élément 115 que Lazar avait prélevés dans la zone 51. Selon les théoriciens du complot, Lazar était sous la surveillance du gouvernement, et la perquisition n’était que le dernier en date d’une campagne de harcèlement de plusieurs décennies contre lui.

Toutefois, le site Motherboard dit avoir obtenu des documents qui montrent que le raid du FBI n’avait rien à voir avec l’élément 115. Mais l’histoire que révèlent ces documents est toute aussi étrange. En effet, les documents montrent que le raid faisait partie d’une vaste enquête de meurtre en cours, qui implique les autorités étatiques, locales et fédérales. Les documents ne font cependant aucune mention de l’élément 115.

Selon des rapports rédigés par le sergent-détective de la police de l’État du Michigan, Thomas Rajala, les événements qui ont conduit à la perquisition de United Nuclear ont commencé fin 2015 avec la mort mystérieuse de Janel Struzl, âgée de 31 ans. Les médecins ont conclu que Struzl avait été empoisonné et était mort de “toxicité au thallium”. Aussi connu sous le nom de “poison de l’empoisonneur”, le sulfate de thallium est très toxique, incolore, inodore, sans goût, et très difficile à détecter.

Or, d’après les rapports de la police de l’État du Michigan et le site Web de United Nuclear Scientific, la société de Lazar vend du thallium. La perquisition de la police visait ainsi à découvrir les personnes à qui la société en a vendu. Lazar lui-même n’était pas considéré comme suspect dans le rapport de la police. Mais selon Lazar et Corbell, la perquisition des fédéraux n’avait rien à voir avec un empoisonnement au thallium.

Pour eux, il ne s’agissait que d’une couverture, car le FBI était surtout intéressé par l’élément 115.

D’autres affaires reliant Bob Lazar à la vente de toxines mortelles

Ce n’est pas la première fois que Bob Lazar et la vente de toxines mortelles sont associés. En 2003, après avoir vendu sans le savoir à des agents fédéraux des produits chimiques utilisés dans la fabrication de feux d’artifice illégaux, le domicile de Lazar avait été perquisitionné par la Consumer Product and Safety Commission. Lazar a rapporté que lors de ce raid, il avait entendu des membres de l’équipe des SWAT dire : “Ce sont des conneries, ça ne ressemble pas à ce qu’ils nous ont dit lors du briefing”. Selon les archives de la Cour fédérale, en 2006, Lazar a plaidé coupable dans cette affaire et a été condamné à une amende de 7 500 dollars et à une probation de trois ans.

Toujours en 2006, plusieurs organes de presse ont accusé Lazar de vendre du poison après qu’on ait découvert qu’il vendait le même poison radioactif que celui utilisé pour tuer l’ancien espion du KGB, Alexander Litvinenko.

Toujours est-il qu’à ce jour, il n’y a eu aucune preuve tangible démontrant que Lazar ait mis les pieds dans la zone 51, et encore moins travaillé sur des vaisseaux spatiaux extraterrestres ou obtenu des substances mystérieuses.

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