La famille des lémuriens s’aggrandit avec la découverte du Microcebus jonahi

La récente découverte du Microcebus jonahi dans la région nord-est de Madagascar le mois dernier, la Grande Ile de l’Océan Indien, porte à 25 le nombre des espèces de lémuriens microcèbes actuellement identifiés dans le monde, sur une centaine d’espèces de lémuriens décrites jusqu’ici.

Pour information, les microcèbes sont des lémuriens de très petite taille, mesurant entre 10 et 30 centimètres, queue comprise, d’où le surnom évocateur de « lémuriens souris » que les scientifiques leur donnent.

Un lémurien

Photo de Louis L. sur Unsplash

Madagascar est le seul pays où plusieurs variétés de lémuriens subsistent encore de nos jours. Néanmoins, les scientifiques estiment que pas mal de régions, accueillant les habitats forestiers de ces créatures, sont encore mal étudiées. Heureusement, il y a les découvertes de ce genre pour mieux les connaître afin de pouvoir les préserver.

Un mini-lémurien de seulement 60 g pour 26 cm de long

Ce petit lémurien, baptisé Microcebus jonahi, en l’honneur du professeur Jonah Ratsimbazafy, primatologue international, qui a consacré sa vie à œuvrer pour la conservation des lémuriens malgaches. D’ailleurs cette ultime découverte est le fruit de plusieurs années d’observations.

En effet, cette nouvelle espèce nocturne ne mesure, que de 26 cm avec la queue. Forcément, le distinguer dans son habitat naturel n’est pas chose aisée. D’autant qu’avec sa petite taille, l’animal pèse seulement 60 grammes. Des caractéristiques qui lui ont permis de rester hors de la vue des chercheurs durant toutes ces années.

Concernant son aspect, une fourrure courte et dense de couleur brun rougeâtre ainsi que de petites oreilles brunes et un ventre de couleur blanchâtre le différencient visiblement des autres microcèbes, et plus particulièrement du Microcebus macarthurii, un autre microcèbe qui lui ressemble assez.

Une forte dégradation des habitats naturels des lémuriens

Pour mener à bien cette étude, 123 spécimens de microcèbes, retrouvés sur 5 différents sites dans la région nord-est de Madagascar, ont été examinés. Et c’est par le biais de ces observations que l’équipe de chercheurs a pu identifier cette nouvelle espèce.

En marge de cette découverte, les primatologues qui ont participé à l’étude n’ont pas omis de souligner l’état de détérioration des forêts qu’ils ont pu observer, menaçant la survie de ces espèces.

Ainsi, selon le Dr Lounès Chikhi, coauteur de ces travaux et chercheur à l’Institut Gulbenkian de Ciência et à l’Université Paul Sabatier, « la perte d’habitats naturels et le changement constant de l’utilisation des terres dans la région conduisent à l’isolement de petites populations et favorisent leur disparition». Ce qui inquiète gravement les chercheurs quant à la préservation de ces espèces endémiques à la Grande Ile.

Cette découverte a été publiée dans American Journal of Primatology.

Le Microcebus jonahi

Crédits Stephen D. Nash / IUCN SSC Primate Specialist Group / D. Schüßler

Mots-clés animauxlémuriens