On a des nouvelles de la femme la plus solitaire au monde

Agafya Lykova a soixante-seize ans et elle détient le titre de femme la plus solitaire au monde. Cela fait effectivement des décennies qu’elle vit dans une colonie isolée située dans les régions sauvages de la Sibérie. Et elle va bientôt s’installer dans une toute nouvelle maison grâce à l’un des hommes les plus riches de Russie.

Agafya Lykova est née dans une région montagneuse de Sibérie, une région reculée et isolée.

Image par Simon Matzinger de Pixabay
Image par Simon Matzinger de Pixabay 

La ferme où elle a vu le jour a été construite en 1936 par sa famille, des croyants orthodoxes qui s’étaient enfuis dans la forêt pour fuir la répression de Staline.

Une histoire qui trouve son origine en 1936

Après avoir erré sans but pendant plusieurs semaines, ces derniers ont fini par trouver un endroit où bâtir leur ferme. Un site éloigné de la civilisation et dont la ville la plus proche se trouve à plus de 250 kilomètres.

Pendant des années, ces croyants orthodoxes ont vécu totalement repliés sur eux-mêmes, à un point tel que même les autorités russes ignoraient tout de leur existence. Cela a cependant changé quarante ans plus tard, lorsque des géologues en mission dans la région sont accidentellement tombés sur leur ferme.

Agafya Lykova a grandi avec sa famille jusqu’à la fin des années 70. C’est en effet à cette date qu’a disparu son dernier parent. A sa place, beaucoup seraient partis, mais cela n’a pas été son cas et elle a continué à élever du bétail et s’occuper de ses cultures pendant toutes ces années.

Une histoire qui lui a valu d’être placé sous les feux des projecteurs et de décrocher le titre de femme la plus solitaire du monde.

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Elle vit seule depuis les années 70

Agafya Lykova n’est pas laissée à l’abandon cependant. Deux à trois fois par an, un inspecteur local fait le déplacement à la réserve naturelle de Khakassky, une réserve située non loin de chez elle.

Mais voilà, le temps a fait son oeuvre et la ferme familiale est en ruines. Agafya ne peut donc pas rester sur place. Du moins, elle ne le pouvait pas avant qu’un mécène russe ne décide de lui venir en aide et de prendre ainsi en charge la construction de sa nouvelle demeure.

La demeure en question prendra la forme d’une cabane en bois modeste. Une cabane qui permettra à Agafya d’affronter sereinement la rigueur de l’hiver sibérien.

A ce stade, on pourrait bien entendu penser que le mécène de la vieille femme ne s’est pas foulé, mais il y a tout de même un détail qui a son importance : la cabane en mois ne sera pas construite sur place.

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18 voyages en avion pour acheminer les pièces de la cabane

La région où vit la recluse est en effet difficile d’accès et le mécène a donc préféré construite la cabane dans la ville d’Abakan, pour ensuite numéroter ses bûches et la démonter afin de l’acheminer plus facilement sur place.

Et justement, la livraison de ces pièces s’annonce compliquée. Il faudra ainsi un minimum de 18 voyages en avion pour acheminer toutes les bûches sur place et pouvoir procéder à la reconstruction de la maison. D’après les projections faites par les responsables du projet, la construction de la cabane devrait être finie au début de l’année prochaine. Et bien sûr, des mesures seront prises afin d’éviter les contacts.

Du fait de son isolement, Agafya n’est pas immunisée contre les virus propres à notre civilisation et le contexte pandémique actuel n’arrange évidemment pas les choses.