La Fontaine de Jouvence se cacherait-elle dans les bactéries intestinales ?

La clé du rajeunissement résiderait dans les bactéries intestinales. Une nouvelle étude, ayant exploré cette vieille hypothèse de la fin du 19e siècle, a obtenu des résultats encourageants.

La gérontologie désigne la recherche sur le vieillissement dans toutes ses dimensions. On peut considérer Élie Metchnikoff comme le père fondateur de ce champ d’études multidisciplinaire. Rappelons que le bactériologiste russe est à l’origine du terme « gérontologie ». En 1895, le quinquagénaire se détourne de l’immunologie pour s’intéresser au vieillissement. Il était fasciné par le rôle des bactéries intestinales dans la santé comme dans la maladie. Le professeur Metchnikoff fut l’un des premiers à faire le lien entre la longévité et les bactéries intestinales. Sa théorie a été largement ignorée par les scientifiques jusqu’à récemment.

Deux personnes âgées se tenant la main
Crédits Pixabay

Des chercheurs de l’université nationale d’Irlande à Cork ont ainsi expérimenté la théorie de Metchnikoff sur des souris. Cette récente étude est détaillée dans un article publié le 9 août dernier dans la revue scientifique Nature Aging.

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Les symptômes du vieillissement atténués chez les souris âgées

Dans la nouvelle étude, l’équipe irlandaise a prélevé le microbiome de jeunes souris pour une transplantation chez des souris âgées. Une inversion de nombreux effets du vieillissement sur l’apprentissage, la mémoire et les déficiences immunitaires a été constatée. À l’aide d’un labyrinthe, les chercheurs ont montré que la greffe de microbiote fécal permettait aux souris âgées de trouver plus rapidement une plateforme dissimulée.

Le vieillissement est associé à une augmentation des inflammations à travers tout l’organisme – y compris le cerveau. L’autre objectif de la recherche consistait à voir si les effets négatifs du vieillissement sur l’immunité étaient également réversibles. La transplantation de microbiote fécal a effectivement atténué la plupart des inflammations.

L’hippocampe est la région du cerveau où reposent l’apprentissage et la mémoire. Cette partie cérébrale produit des substances chimiques différentes chez les souris jeunes et âgées. Les composés chimiques de l’hippocampe des souris âgées ressemblaient davantage à ceux des jeunes souris après la greffe de microbiote fécal, notent les chercheurs de l’université nationale d’Irlande à Cork. Les résultats montrent de manière concluante que le microbiome est essentiel pour un cerveau sain chez les personnes âgées.

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Un mécanisme que la science n’explique pas encore

Aujourd’hui, il ne fait plus aucun doute que Metchnikoff était en avance sur son temps. Il existe bien un lien entre les bactéries intestinales et le vieillissement. Le microbiote fécal d’un sujet jeune permet à un autre plus vieux de développer des symptômes pouvant être décrits comme un rajeunissement.

Néanmoins, les auteurs de la recherche concèdent leur incapacité à expliquer le mécanisme derrière le phénomène. Vient ensuite la question de l’application de leurs résultats sur l’homme. La biologie humaine et celle de la souris comportent des différences majeures. Des travaux supplémentaires sont indispensables et la science est encore loin de trouver la fontaine de Jouvence…