La Grande-Bretagne demeurera ferme dans ses négociations commerciales avec l’Union Européenne

Le vendredi 31 janvier 2020 a marqué la sortie officielle de la Grande-Bretagne dans l’Union Européenne (UE). A présent, la Grande-Bretagne doit régler les questions relatives aux futures relations commerciales avec le bloc. Ce qui sera décidé entre les deux parties devrait prendre effet dès l’expiration de la période de transition à la fin de cette année 2020.

Alors que les négociations devraient officiellement débuter en mars, le gouvernement du Premier ministre britannique Boris Johnson a rapidement envoyé un message à Bruxelles indiquant que pour lui, le Brexit entraînait une prédominance de la souveraineté sur l’économie.

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Si, d’un côté, l’UE a réitéré à la Grande-Bretagne qu’elle devra se soumettre aux « règles du jeu équitables », autrement dit, des règles relatives aux normes environnementales, aux lois sur le travail et aux aides de l’État pour accéder au marché lucratif du bloc. De son côté, la Grande-Bretagne a déclaré, le dimanche 2 février 2020, qu’elle fixerait son propre programme plutôt que de respecter les règles du bloc. Et, apparemment, la Grande-Bretagne est bien décidée à camper sur ses positions.

Le gouvernement britannique prépare les entreprises à toutes éventualités

Rappelons que lors des élections britanniques de 2019, Johnson a reçu une large majorité du Parlement. Ce dernier approuve ainsi la politique du Premier ministre de placer le droit britannique au-dessus des exigences des entreprises et de fixer ses propres règles. De nombreuses entreprises ont effectivement demandé au gouvernement britannique de garantir que leurs marchandises pourront librement transiter au-delà des frontières.

Mais les ministres leur ont répondu qu’elles devront s’attendre à un avenir dans lequel la Grande-Bretagne n’ira pas dans le sens des règles fixées par l’UE. Le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, a déclaré à Sky News :

Nous reprenons le contrôle de nos lois, nous n’allons pas avoir un alignement élevé avec l’UE, un alignement législatif avec leurs règles. Mais nous voulons coopérer et nous attendons de l’UE qu’elle tienne son engagement envers un accord de libre-échange à la canadienne.

Que cherche à obtenir la Grande-Bretagne dans ces pourparlers ?

Selon Reuters, la Grande-Bretagne chercherait à conclure avec le bloc un accord commercial permettant un commerce de marchandise en franchise de droits et sans contingent, un accord semblable à ce que le bloc a mis en place avec le Canada.

Néanmoins, une source gouvernementale a déclaré à Reuters dans la soirée du samedi 1er février 2020 que si l’UE ne proposait pas cet accord à la canadienne, la Grande-Bretagne négocierait un accord commercial plus souple, semblable aux relations du bloc avec l’Australie. Selon la source :

Il n’y a que deux résultats probables dans la négociation, un accord de libre-échange comme le Canada, ou un accord plus souple comme l’Australie, et nous sommes heureux de poursuivre les deux.

Les négociations seront probablement difficiles

Néanmoins, il semblerait que l’UE ait déjà déclaré qu’elle ne conclurait pas d’accord commercial avec un voisin économiquement puissant sans disposition solide pour garantir une concurrence loyale. Position que soutiennent plusieurs pays européens comme la France. Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, a effectivement déclaré dans une interview accordée à LCI, RTL et Le Figaro que « si la Grande-Bretagne veut établir en dehors de l’Union Européenne une sorte de « Singapour sur la Tamise », nous serons contre ».

Leo Varadkar, Premier ministre irlandais, appelle quant à lui à des pourparlers raisonnables. Il déclare ainsi à la BBC :

Une chose que je dirais à tout le monde est de ne pas répéter certaines des erreurs commises au cours des deux dernières années et demie. Ne fixons de lignes rouges si rigides qu’il est difficile de parvenir à un accord et atténuons la rhétorique nationaliste.

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