La justice russe interdit plusieurs animés sur sa toile dont Death Note

Sûrement par peur que la jeunesse n’inscrive le nom du président dans un certain carnet, la justice russe vient d’interdire plusieurs animés sur la toile. Sont concernés Death Note, Tokyo Ghoul et Inuyashiki. Une décision effectivement motivée par la crainte que de jeunes téléspectateurs ne tentent de reproduire la violente dépeinte à l’écran.

Le mercredi 20 janvier 2021, le tribunal russe de Saint-Pétersbourg a interdit la diffusion, sur certaines plates-formes, de trois dessins animés japonais : Death Note, Tokyo Ghoul et Inuyashiki.  Le verdict découle de la crainte que les jeunes téléspectateurs ne soient tentés de reproduire dans la réalité les actes dépeints sur leur écran.

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Le tribunal de district, rapporte The Moscow Times, a dépeint Death Note tel un animé au visuel très agressif pour les téléspectateurs : “Chaque épisode contient de la cruauté, du meurtre, de la violence”. On notera que durant le procès, des épisodes ont été projetés par l’accusation pour appuyer son propos.

Death Note, Tokyo Ghoul et Inuyashiki désormais interdits sur des sites russes

Le 18 décembre dernier, le même tribunal avait déclaré avoir enregistré cinq procès contre pas moins de 49 sites internet distribuant des animés. Si les procureurs d’État avaient également demandé la tête de Naruto, Elfen Lied et Interspecies Reviewers, on ne sait pas encore le sort qui sera réservé à ces œuvres.

La décision de justice récemment rendue implique d’interdire la diffusion de Death Note et Inuyashiki sur deux sites, et celle de Tokyo Ghoul sur un troisième. Reprenant la précision du tribunal, l’agence de presse publique RIA Novosti a indiqué que ces interdictions ne concernaient que les sites cités.

Le site Meduza se pose néanmoins la question de savoir si Roskomnadzor, l’agence de censure russe, pourrait interpréter ce verdict comme une interdiction plus large de Death Note, Tokyo Ghoul et Inuyashiki. Kotaku rappelle qu’en 2013, conséquemment au suicide d’une adolescente de 15 ans qui lisait Death Note, des parents s’étaient réunis pour demander au président Poutine d’interdire la vente de ce manga, qu’ils estimaient ainsi préjudiciable pour la jeunesse.

Durant l’audience de mercredi, Oleg Erlikh, expert du bureau du procureur, a déclaré que l’animé Death Note était “potentiellement dangereux pour un enfant moderne”.