La Lettre du Diable du 17e siècle a enfin été déchiffrée

Maria Crocifissa della Concezione a été retrouvée couverte d’encre le 11 août 1676, une lettre incompréhensible à ses côtés. Elle a alors prétendu que cette dernière avait été dictée par le Diable lui-même. Quelques siècles plus tard, le document a été totalement déchiffré et nous savons donc désormais tout de son contenu.

Isabella Tomasi est née à Agrigente le 29 mai 1645 dans une famille aisée appartenant à la bourgeoisie sicilienne.

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Très pieux, son père a pris la décision de construire un couvent peu de temps après la naissance de sa fille avec l’aide de son frère.

Isabella Tomasi, une vie de sacrifices

Isabella Tomasi est entrée au couvent le 7 octobre 1660 à l’âge de quinze ans après avoir prononcé ses vœux et être devenue Soeur Maria Crocifissa della Concezione.

Durant les années suivantes, la femme s’est principalement consacrée à la prière et à la méditation tout en s’acquittant des diverses tâches ménagères habituelles et propres à l’établissement.

La nonne a eu une vie extrêmement simple, entrecoupée de révélations et même d’une vision. Douze ans après avoir prononcé ses vœux, Isabella a en effet prétendu avoir eu une vision de Notre-Dame des Douleurs, une vision durant laquelle cette dernière aurait prononcé les mots suivants : « Ce sera la croix de votre enceinte perpétuelle. La croix est déjà établie, il reste à monter dessus lentement… pour être parfaitement crucifié ».

La religieuse est morte le 16 octobre 1699, dans le couvent, en prononçant les mots suivants : « Saint, Saint, Saint ». Elle a ensuite été déclarée vénérable par le pape Pie VI en 1787 pour sa vie de sacrifices.

La Lettre du Diable, une énigme qui fascine les chercheurs en linguistique

Mais Isabella Tomasi est surtout connue pour une lettre, écrite de sa main dans une langue inconnue en 1676.

Un matin, la none s’est en effet réveillée dans sa cellule, le corps couvert d’encre, une étrange lettre indéchiffrable à ses côtés. Elle a alors prétendu avoir été possédée par le diable lui-même.

Durant les années suivantes, les religieuses ont tenté à plusieurs reprises de déchiffrer la lettre, sans succès. Faute de mieux, elles ont donc pris soin de la protéger et de la conserver afin de lui faire franchir les siècles.

L’année dernière, le Ludum Science Center a monté une équipe afin de travailler sur la lettre et de tenter, une nouvelle fois, de la déchiffrer.

Pour ce faire, les spécialistes ont choisi de s’appuyer sur un logiciel de déchiffrement habituellement utilisé par les services de renseignement. Contre toute attente, les premiers essais ont été couronnés de succès et les scientifiques ont réussi à déchiffrer une partie de la lettre.

La lettre enfin déchiffrée !

Ils ont continué sur leur lancée durant ces derniers mois et la lettre a été intégralement déchiffrée. D’après les chercheurs, le document parle essentiellement de Dieu et de son rapport aux mortels, tout en faisant allusion au Styx et donc à la rivière séparant le monde souterrain du monde des vivants dans les mythologies grecque et romaine.

Daniele Abate, le directeur du Ludum Science Center, a déclaré à LiveScience que cette lettre nous en apprend beaucoup sur la religieuse. L’homme pense en effet que la none souffrait de schizophrénie ou d’un trouble bipolaire. Selon d’anciens témoignages, il lui arrivait en effet fréquemment de réveiller ses sœurs en pleine nuit en hurlant et en criant. Elle prétendait alors être en train de combattre le diable.

Pour le moment, la lettre n’a pas été présenté à un comité de lecture.

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