La libellule espionne de Draper

Dans le cadre du projet DragonflEye, Draper, une société d’ingénierie américaine s’est lancée dans la conception d’une libellule cyborg. Afin de mener le projet à bien, le groupe s’est associé avec le Howard Hugues Medical Institute (HHMI). Il s’agit d’un institut spécialisé en recherches médicales dont le siège se trouve près de Washington. L’idée est de pouvoir exploiter les capacités naturelles de l’insecte à des fins spécifiques.

Le drone libellule intégrera tous les composants nécessaires à son fonctionnement dans un sac à dos placé entre les deux ailes. Des composants comme un processeur, ou de multiples capteurs. Il fonctionnera donc sur commande.

DragonflEye

Cette libellule cyborg semble sortir tout droit d’un film de science-fiction.

Discret, l’appareil pourra être utilisé pour accomplir des missions de surveillance ou même pour transporter des charges légères. Il sera même possible de le transformer en agent de pollinisation.

Un système de navigation autonome

La conception d’un microdrone est un projet complexe et ambitieux. Le plus difficile aura été d’adapter le poids des implants électroniques à celui de l’animal. Ensuite, il y a également le problème de la navigation.

Afin de le surmonter, les ingénieurs de Draper ont développé un système de navigation autonome. Sur celui-ci, aucun détail n’a été dévoilé par les scientifiques. Tout ce que l’on sait c’est qu’il sera capable de diriger le dispositif sans avoir à le commander, à distance.

Par ailleurs, la fonction de pilotage est assurée par un système qui stimule directement les ailes. A priori, des électrodes très fines devraient émettre des petites décharges électriques sur les moteurs de ces organes. Cependant, cette méthode s’avère être risquée en termes de précision. Les développeurs ont donc opté pour des « optrodes » qui sont des fibres optiques très souples. Ils envoient simplement de la lumière à la place des décharges. Pour capter le signal, l’animal sera génétiquement modifié.

Le tout fonctionne à travers un ensemble de mini-panneaux solaires. Celui-ci alimente la machine en énergie.

Les premiers tests auront lieu cette année

Ces drones vivants capables d’espionnage et de pollinisation ne sont pas encore opérationnels. Par contre, le test du « sac à dos » électronique aura lieu dès cette année.

L’objectif sera de savoir comment l’insecte va réagir à son gadget. Ces essais se dérouleront dans une salle de capture de mouvement. Ainsi, les données recueillies serviront à concevoir des algorithmes qui permettront de le piloter plus facilement.